Aller au contenu

Comment le Syndicat cocktail club se diversifie pour faire essaimer les alcools français

Les bars à cocktails parisiens Le Syndicat et La Commune constituent la partie émergée du Syndicat Cocktail Club, un groupe centré sur le développement des alcools français. Rémy Savage rejoint ses effectifs.

“Construire un vrai syndicat, qui puisse apporter une aide réelle aux producteurs d’alcool français, tel est l’objectif du groupe Syndicat Cocktail Club depuis sa création”, lance son cofondateur et directeur, Romain Le Mouëllic, qui a ouvert il y a cinq ans avec Sullivan Doh (alors chef barman) le Syndicat, un bar à cocktails rue du Faubourg Saint-Denis, à Paris (10ème arrondissement).

L’idée de mettre en valeur les spiritueux français a fait du chemin, jusqu’à donner naissance à une galaxie d’activités : deux bars (avec La Commune, dans le quartier de Belleville), de l’événementiel axé sur le cocktail (Syndicat Agency), une activité de conseil (Conseil syndical), un magazine (Volubile) et, depuis peu, une structure d’e-commerce de matériel de bar/verrerie à destination des professionnels (Barmen with attitude).

Des outils d’influence

Les bars demeurent la vitrine de l’activité, dans deux quartiers en pleine mutation. A l’ouverture du Syndicat, “c’était assez révolutionnaire de parler d’armagnac, de calvados… Aujourd’hui, cela s’est développé. Les alcools français sont une véritable option dans les bars à cocktails. Désormais, il s’agit de redoubler d’efforts pour que cette tendance sorte de la sphère des connaisseurs et s’étende aux grands groupes, aux hôtels et au grand public. C’est dans cette optique que nous avons développé des outils d’influence capable de rendre les producteurs plus proches des barmen, de la presse et des consommateurs”, estime Romain Le Mouëllic.

Conscient de la responsabilité qu’ont les bars en matière de prescription, il insiste sur l’importance du sourcing, que ce soit avec des produits traditionnels ou ceux plus récents élaborés par des start-up (la tendance “craft”), et sur la nécessité d’être au top de l’innovation en matière de réalisation de cocktails. Aux sources de son inspiration, la notion de “five stars-dive bar” : des produits de niveau étoilé, dans une ambiance détendue.

Une activité de conseil

Cette activité est relayée depuis deux ans par des prestations événementielles, le deuxième pilier du groupe. Les marques de l’industrie du luxe et de la mode (Prada ou Dior) et les alcooliers (Martell, Bellevoye, Sassy, 30&40, Baccae) sont demandeurs de prestations de qualité. “Les marques apprécient notre identité, qui s’éloigne des codes traditionnels du cocktail. Cette identité traduit une interrogation perpétuelle : qu’est ce qu’être luxueux à Paris aujourd’hui ? Cela inclut des notions d’artisanat, de couture, d’expérience, d’esthétique et de finesse. Nous cherchons à explorer un chemin possible pour un nouvel art de vivre à la française”, indique Romain Le Mouëllic. En événement, le bar est la continuité de cette image de marque, à travers les produits, les boissons, les contenants et les bartenders.

La partie conseil (élaboration de la carte à base d’alcools français, formation des barmen, organisation des bars et sélection de la verrerie et du matériel) est aussi un outil d’influence puissant. Afin d’éviter toute dilution d’image, elle restera néanmoins ponctuelle et réservée à des projets qui peuvent servir l’objectif du groupe. Une prestation vient ainsi d’être effectuée pour l’hôtel Grand Quartier, qui s’apprête à ouvrir dans le 10ème arrondissement de Paris.

Rémy Savage rejoint le groupe

En décembre, le barman londonien Rémy Savage, l’une des stars du secteur, deviendra directeur associé et chef exécutif, en charge de l’excellence cocktail sur toutes les entités du groupe. “Nos équipes sont enthousiastes à l’idée de pouvoir entamer cette collaboration avec lui. Nous avons de nombreuses idées, intuitions qu’il sera probablement possible de faire sortir de terre grâce à l’élan apporté par son talent et sa notoriété. C’est très excitant!”

“De façon plus générale, Rémy va rejoindre notre Syndicat Family, ce cercle de figures emblématiques qui ont à un moment ou à un autre défendu la mission syndicale avec talent et enthousiasme et qui continuent à jouer un rôle proche d’un conseil des sages”, poursuit Romain Le Mouëllic, citant Sullivan Doh parti aux Etats-Unis, Aristotelis Makris dont Cap Corse a fait son ambassadeur cet été, ou encore Marela Batkovic partie exercer à Gênes.

Une nouvelle structure de distribution

Le groupe a aussi lancé il y a six mois Barmen with attitude, une plateforme de e-commerce spécialisée pour le bar. “Nous ressentions un problème au Syndicat : nous ne trouvions pas de prestataire fiable, capable à la fois de faire preuve de rigueur et de réactivité et de comprendre nos problématiques produits”, explique Romain Le Mouëllic. Cinquante interviews de barmen ont été réalisés pour arriver à un constat simple : “la vraie difficulté, c’est d’avoir des gens qui répondent au téléphone et du matériel qui arrive à l’heure.”

Barmen with attitude a déjà fourni de nombreux grands noms du bar parisien et de la Côte d’Azur comme Big Mamma, l’Experimental, le Peninsula, Bisou, Combat, Ultima Collections, Mama Shelter, Bam Karaoké, Marriott… Des commandes arrivent de Metz, Orléans, Marseille, Bordeaux et même de Belgique et de Suisse. Concernant les tendances, le développement durable fait partie des lignes majeures, tout comme le retour à la simplicité des lignes, ou l’utilisation de nouveaux matériaux pour la verrerie (qui rejoint la tendance industrielle à l’œuvre en architecture).

Un magazine…

Début 2019, dans une optique plus axée sur les consommateurs, le magazine Volubile a vu le jour, à raison de trois numéros par an. “C’est assez expérimental, un vrai nouveau métier pour nous. Mais si on veut bien jouer notre mission au service des alcools français, il n’y a pas le choix, il faut qu’on dispose d’une force médiatique. Nous faisons des tests. La ligne éditoriale est très lifestyle. Tout en soutenant avec la plus grande énergie ceux qui s’attaquent aux dangers de l’alcoolisation excessive, nous voulons aussi dire sans ambiguïté notre joie à promouvoir une consommation éclairée et festive, source de lien social, qui nous paraît pleinement constitutive de la douceur de vivre française”, indique Romain Le Mouëllic.

… et un nouveau bar en 2020

En 2020, un troisième bar verra par ailleurs le jour à Paris : “conceptuellement, il sera conçu comme la réponse de notre nouveau directeur de création, Rémy Savage, à notre problématique.”

Publié dansEconomieEntreprises