Aller au contenu

“L’offre de cocktails sans alcool et de boissons spirit-free ne démérite plus”

La Paris Cocktail Week 2020 mettra à l’honneur les offres de boissons et de cocktails sans alcool. Ses organisateurs renforcent également le salon Cocktails Spirits.

Du 24 janvier au 1er février, la Paris Cocktail Week revient pour une sixième édition. Le principe ne change pas : cinquante bars proposent simultanément deux cocktails création, avec et sans alcool – une règle intangible – promotionnés à -30%. Un bon moyen de découvrir l’extraordinaire essor de la scène cocktail dans la capitale, et de se mettre à l’heure des boissons non-alcoolisées. Un thème cher aux organisateurs, Eric Fossard et Thierry Daniel, qui explorent toute l’année les tendances du secteur à travers leur structure Liquid Liquid.

« Nous avons toujours eu la démarche spirit-free. Dès la première session, en 2015, l’offre de cocktails avait été mise à parité avec le sans-alcool. Cette année, nous avons eu de la chance : Ceder’s distribué par Pernod-Ricard, Seedlip racheté par Diageo, Djin de la Maison Dame de Pique… ont fait l’actualité. Le segment existait, mais ces boissons sans alcool sont enfin davantage visibles. Elles permettent de casser l’image du cocktail sans-alcool sucré et caché en fin de carte », observe Thierry Daniel.

Des produits élaborés par Nicolas Julhès

Pour asseoir ce positionnement, un cycle de conférences dédié sera organisé dimanche 2 février au Ground Control, un lieu événementiel du 12ème arrondissement de Paris.  Un bar spirit-free sera monté pour l’occasion. Aux commandes, Nicolas Julhès, créateur de la Distillerie de Paris (10ème arrondissement). Il a crée deux distillats sans alcool pour les besoins de la Paris Cocktail Week.

« Nicolas Julhès est un designer. Il crée des spiritueux et du parfum – à base d’alcool. Notre démarche l’intéressait. De plus en plus d’établissements travaillent sur la dimension écologique et locale. Agrumes électriques et Boisé stimulant sont deux distillats sans alcool. La  plupart des produits spirit-free sont conçus pour être mélangés. Ils peuvent être aussi être consommés seuls. Ces produits devront être travaillés tout en finesse », précise Thierry Daniel.

Les cocktails sans-alcool en majesté

Ces différents produits offrent davantage de latitude aux bartenders pour créer des cocktails aussi qualitatifs que leurs créations alcoolisées, sans différence visuelle ni de goût. Les techniques employées sont tout aussi complexes. A l’étranger, certains bars facturent même plus cher les cocktails alcool. « Il y a trois ans, il était plus difficile de trouver des cocktails aussi bien exécutés. Cela laisse beaucoup de liberté dans le mouvement de consommation, et cela permet de plus être catalogué. Il n’y a plus de pression sociale, ce qui est intéressant. Cette offre qualitative permet d’avoir une démarche à part entière, en faisant attention à l’équilibre et avec une vraie culture liquide, en pensant au goût et à l’esthétique. Les marges sont aussi plus fortes », poursuit Thierry Daniel.

Cocktails Spirits se développe

L’équipe de Liquid Liquid ne s’arrête pas en si bon chemin : les 14 et 15 juin, le salon professionnel Cocktails Spirits reprendra ses quartiers au Palais de Tokyo. Un pays sera désormais mis à l’honneur chaque année – cette année, le Japon. « Il y a une grande diversité de produits japonais dans les établissements. Autour du Bar des innovations, nous inviterons des marques iconiques et des petits producteurs, dans toutes les catégories, et nous éditerons une revue de 180 pages », indique Thierry Daniel.

En attendant, le salon n’oublie pas les professionnels basés en province. Après Rennes, Lyon (le 23 mars) constituera la seconde étape de Cocktails Spirits on the road, «un concentré du salon sur une journée. » Au programme : une présentation des tendances de l’année, la masterclass d’un intervenant international, puis deux expériences marques ainsi qu’une présentation du Bar des innovations. 150 personnes ont répondu présent à Rennes, au-delà des espérances des organisateurs. Nantes, Bordeaux, Marseille et Strasbourg suivront en fin d’année.

Publié dansSociété