Aller au contenu

Grand Tasting 2016: les producteurs de vins et de champagne rivalisent de nouveautés

Les secteurs du vin et du champagne ne sont pas aussi figés qu’ils n’en ont l’air! L’édition 2016 du Grand Tasting met en avant de nombreuses initiatives destinées à séduire de nouveaux consommateurs.

La 11ème édition parisienne du Grand Tasting, le salon de dégustation de vins organisé par Bettane+Desseauve les 25 et 26 novembre à Paris, n’a pas échappé à la règle: un mélange de nouveautés, de produits plus connus, de masterclass et d’ateliers destiné à présenter un large panorama de l’excellence dans l’univers du vin.

Mumm mise sur l’innovation

En 1827, la maison G.H. Mumm se lançait quant à elle dans l’univers du champagne, et a traversé dans les années 2000 une période tourmentée avant d’être rachetée, en 2005, par Pernod-Ricard, qui l’incite à innover. Lancé en juin dernier, Mumm Grand cordon répond à cette mission non seulement avec un nouveau processus de remuage, mais également avec une bouteille dépourvue d’étiquette sur sa face avant, et dont le verre est creusé afin d’y incruster le célèbre ruban rouge qui caractérise la troisième marque mondiale de champagne. « Nous avons voulu faire une prouesse technologique », reconnaît le chef de caves de Mumm, Didier Mariotti.

En avant-première, les visiteurs du Grand Tasting ont également pu découvrir la cuvée 2008, qui sera commercialisée l’an prochain. Elle se compose de 70% de pinot noir et de 30% de chardonnay. « Les niveaux d’acidité étaient très élevés en 2008 », rappelle le chef de caves. Pour Didier Mariotti, « le niveau de maturité et de connaissance sur le champagne a évolué, et se rapproche de l’univers du vin. La température et la forme du verre tendent à prendre davantage d’importance. » La maison, qui souhaite nourrir son réseau afin de compléter ses approvisionnements issus de 25% à 30% de ses propres vignobles, semble toutefois nourrir une certaine nostalgie de la période où elle comptait encore davantage sur le marché, et ne cache pas sa volonté de poursuivre son redéveloppement.

Champagne !

Moët & Chandon mise pour sa part sur la continuité. La filiale du groupe LVMH poursuit sa politique de gammes millésimées : le 2008, un assemblage de chardonnay, de pinot noir et de pinot meunier, a remplacé, cette année, le 2006. Même s’ils tendent à passer de mode, les champagnes rosés restent dans le radar de la maison avec le Grand vintage 2008, dont les aspects tanniques et liés aux fruits rouges permettent notamment d’accompagner un repas à base de viande.

Depuis Balnot-sur-Laignes (Aube), la maison Gremillet propose un « rosé vrai », extra brut, qui rompt avec les rosés d’assemblage. En 2016, le domaine a été touché, pour la première fois depuis dix ans, par le gel. A Epernay (Marne), Besserat de Bellefon se distingue pour sa part avec des bulles 30% des plus fines que celle d’un champagne traditionnel. Sa Cuvée des moines arbore un packaging doré détonant, adapté aux grandes réceptions et à la demande à l’international. Basée à Reims (Marne), la maison Jaquart met en avant son Brut Mosaïque (35 à 40% de chardonnay, 30 à 35% de pinot noir, 25 à 30% de pinot meunier), « véritable signature avec son équilibre et sa droiture. »

Cap sur l’Alsace…

Dans le Haut-Rhin, Bestheim joue une note particulière dans l’univers des crémants – et ce depuis 1765. Ses étiquettes, très épurées et mentionnant uniquement les informations essentielles sur le produit, interpellent d’emblée le consommateur : « notre positionnement de marque consiste à proposer une clef d’entrée très simple, et à faire comprendre immédiatement que l’on est chez Bestheim », souligne Emmanuel Vergely, responsable export de l’entreprise, qui commercialise 36% de ses volumes à l’international. Parmi les produits recommandés, le Crémant d’Alsace Grand prestige (2010) a fait l’objet d’un vieillissement sur lattes durant 36 mois, contre un minimum de 12 mois en Alsace. Référence volontairement plus discrète, le Bennwihr tokay-pinot gris (1989), qui tire son nom de la commune qui accueille Bestheim, constitue un produit d’exception, fabriqué à 60 bouteilles. Le riesling Grand cru Kaefferkopf dégage, de son côté, de puissants arômes d’agrumes et de pamplemousse.

… et au Sud

Dans le Var, à Lorgues, le château Roubine a lancé il y a deux ans « La vie en rose », un rosé « résolument léger et peu complexe, adapté à l’apéritif », afin de compléter son offre. La bouteille effilée et sans étiquette horizontale lui confère un attrait certain dans cet univers qui suscite un fort intérêt de la part des Français. Enfin, comme annoncé, une sélection de vins italiens était proposée dans les allées du Carrousel du Louvre. En Toscane, le domaine Podere Il Carnasciale mise sur le cépage Caberlot, un croisement de cabernet franc et de merlot. Les étiquettes sont affublées d’une croix, symbole de ce rapprochement. La première vigne du domaine a été plantée en 1986.

Des verres adaptés

Dans les allées du Grand Tasting, il convient de se doter d’un verre pour se rendre sur les différents stands, de préférence adapté à plusieurs types de produits. Or, une séance comparative organisée par la cristallerie autrichienne Riedel, qui fête cette année son 260ème anniversaire, suffit à s’en convaincre : il n’existe pas « un » verre à vin, mais « des » verres à vin, selon les cépages – pinot noir, syrah et cabernet ici en l’occurrence. Le verre à cabernet est, aujourd’hui, le verre le plus vendu par l’entreprise.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

Publié dansEconomieEntreprisesFocusIndustrie