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Rentrée sociale à hauts risques pour le gouvernement

Un mois après la rentrée, les premières manifestations ? Dans un entretien publié la semaine dernière par Le Monde, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault propose aux autres confédérations de faire du 7 octobre « une journée de mobilisation, avec des appels à la grève et manifestations sur les thèmes retenus par les confédérations syndicales internationales : le travail décent, les salaires, les emplois stables ou la protection sociale« . Cette journée, européenne, devrait donc selon Bernard Thibault prendre des allures de grand rassemblement aux thématiques à la fois universelles et ancrées dans le paysage social français.

« La souffrance des salariés est réelle. Plus importante qu’il y a un an. S’y ajoutent les déçus de Nicolas Sarkozy, ceux qui ont cru en son élection. Dans cette situation, l’urgence est à l’action et à l’unité« , indique-t-il. Les points de friction pour le gouvernement, la classe politique et les partenaires sociaux: le chèque transport, le CSA, le projet de loi sur les revenus du travail, celui sur la refonte de la carte hospitalière, la rémunération des dirigeants d’entreprise… Les positions, particulièrement tranchées dans chaque camp, feront l’objet d’âpres débats ou négociations.

La mise en place du revenu de solidarité active est le point qui provoque le plus de débats en cette rentrée. Un prélèvement supplémentaire de 1,1 % sur les revenus du capital permettra de financer ce dispositif destiné à assurer aux personnes qui reprennent un emploi qu’elles ne toucheront pas, durant une période donnée, moins que ce qu’elles percevaient sous le RMI. Nicolas Sarkozy en fait la « réforme la plus importante de son quinquennat« , avec une réponse concrète aux réticences de reprise d’un emploi et un mode de financement à faire pâlir d’envie la gauche. L’opposition cherche aujourd’hui les bons arguments sur la question, sachant que sous François Mitterand la question d’un tel dispositif avait déjà été évoquée, mais sous une autre appellation.

Après l’émoi suscité par le montant des parachutes dorés alloués aux patrons démissionnaires d’Alcatel-Lucent Serge Tchuruk et Patricia Russo, le Medef et l’Association française des entreprises privées émettront des recommandations fin septembre. Les indemnités de départs, les retraites chapeau, les stock-options et les rémunérations seront abordées. Il n’est pour l’heure pas question de légiférer comme l’ont pu faire d’autres pays. Un examen au Parlement sur ces questions a eu lieu aux Pays-Bas.

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Publié dansActualité socialeSociété