Économie

Pendant le confinement, et si vous pensiez à la bière artisanale et locale ?

Bière - Pinte de bière craft

Durant le confinement, il est possible de soutenir les artisans et commerçants locaux, même dans la bière. Brasseries et cavistes n’attendent que de vous faire découvrir leurs produits et se démènent pour maintenir leur activité malgré les fortes restrictions.

Ces jours-ci, le Paris Beer Festival – nouveau nom donné à la Paris Beer Week, la semaine dédiée à la bière artisanale dans la capitale – aurait dû battre son plein, avec des activations dans les brasseries et les bars avant un salon. Situation sanitaire oblige, cette caisse de résonance pour le secteur a laissé place à une carte interactive pour permettre aux internautes d’identifier les moyens de se procurer de la craft, et de soutenir des entrepreneurs qui souffrent de l’arrêt du circuit CHR et du ralentissement des cavistes. Pauline Paramo, responsable de la communication du Paris Beer Club, l’association organisatrice (270 membres), nous en dit plus.

Pourquoi avez-vous lancé cette idée d’une carte interactive ?

L’idée a germé il y a trois semaines à l’origine pour un post Facebook où nous voulions faire une liste non-exhaustive des microbrasseries, caves et bars à bières qui continuaient, malgré les complications de la période, une activité de distribution et de vente auprès du grand public. Très vite, la liste s’est rallongée et, dans la continuité de ce post, l’idée de la carte est alors apparue comme une évidence. L’objectif est donc double : d’un côté, soutenir à notre échelle les acteurs de la filière brassicole artisanale et indépendante lourdement touchés par la crise sanitaire qui remet en cause leur activité de distribution en faisant connaître leur alternatives et surtout leurs produits; de l’autre, donner un petit coup de pouce aux amateurs de bières qui souhaitent consommer local, de qualité, en solidarité aux artisans.

“Certaines brasseries ont perdu 80% de leur chiffre d’affaires”

Quelles sont les préoccupations des brasseurs ?

Côté professionnels, aujourd’hui, les préoccupations principales proviennent des brasseries quant à la reprise de l’activité dans le secteur CHR, aux bières stockées dans les bars… La bière étant un produit vivant, elle ne va pas forcément bien vieillir passées plusieurs semaines. Depuis le début du confinement, certaines brasseries ont perdu environ 80 % voir plus de leur chiffre d’affaires habituel. Elles ont donc dû trouver des solutions côté distribution. Certaines parlent aujourd’hui de se « réinventer » et l’urgence de la solution ne leur a pas non plus permis de réfléchir à la durabilité de ces alternatives. Par exemple, la livraison aux particuliers est une solution temporaire qui n’est pas viable financièrement pour la plupart des microbrasseries. D’autres questions se posent également, en amont, sur la production : « faut-il-conditionner les bières qui viennent de sortir des fermenteurs ? », « Combien de fûts et de bouteilles à préparer ? », « Quand auront-ils de nouveau des commandes ? »

La craft a-t-elle de la place durant cette période particulière ?

Suite à certains messages de cavistes, on remarque le regain d’attrait pour les bières locales et les commerces de proximité. C’est logique en plein confinement où notre mobilité est restreinte à un tout petit périmètre, mais il y a aussi certainement une prise de conscience qui s’est renforcée et sans doute la découverte pour certains de bières au goût exceptionnel, d’une cave à 300 mètres de chez eux où ils auront envie de revenir pour les bons conseils, d’une brasserie non loin même en plein cœur de Paris ou dans la garrigue… Si ce simple outil de communication qu’est cette carte peut y contribuer auprès de nos adhérents mais surtout auprès de personnes qui n’ont jamais entendu parler de nous, de ces caves ou brasseries, alors c’est déjà beaucoup !

“Le Paris Beer Festival se déroulera sous une autre forme”

De quelle manière se manifeste aussi l’élan de solidarité dans la filière ?

Du côté des adhérents du Paris Beer Club qui ne travaillent pas dans le milieu brassicole, certains ont mis en avant des plateformes en ligne de solidarité comme « Quanrantaime », « Sauver mon bar »… D’autres ont proposé un contact pour accompagner les microbrasseurs ou cavistes qui pourraient avoir besoin de conseils financiers à bien moindre coût, par exemple. La plupart soulignent leur préoccupation et leur soutien à la filière sur leurs réseaux sociaux et quelques membres essaient aussi d’apporter de la légèreté avec des photos de leur approvisionnement ou de leurs visio-apéros. C’est important, malgré tout !

Comment deviez-vous organiser le Paris Beer Festival cette année ?

Pour sa septième édition, la Paris Beer Week, devenue Paris Beer Festival cette année, devait avoir lieu du 25 avril au 3 mai. Plus d’une centaine d’événements fédérateurs, gastronomiques et créatifs, étaient supposé rythmer la semaine dans les cinquante bars, caves spécialisées, microbrasseries, restaurants, ateliers de brassage, jardins urbains, associations, rencontres avec des brasseurs pointus et passionnés, concours de brassage amateur et soirées… Cette année, la nouveauté venait du changement de lieu pour le week-end de clôture prévu les 2 et 3 mai à Ground Control, avec environ 4 000 visiteurs. Evidemment, la situation ne nous permet pas actuellement d’organiser un événement de cette ampleur mais le Paris Beer Festival ne tombe pas à l’eau cette année. Il sera reporté et nous vous en dirons plus dans les prochains jours !

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé.
Photo: : Jay Lamping de Pixabay

A lire également
ÉconomieEntreprises

“L'Etat ne peut ignorer les conséquences économiques et sociales de la fermeture des bars-restaurants”, alerte Paul Chantler (FrogPubs)

Exploitant de dix bars-restaurants et d’une brasserie, Paul Chantler alerte sur les difficultés financières de FrogPubs, et élargit le débat à l’ensemble du secteur. Les acteurs du CHR génèrent des externalités positives que l’Etat doit prendre en compte, indique-t-il.
Références

Les 5 ingrédients du mojito décryptés, pour ne plus jamais le rater

Il s’agit d’un des cocktails les plus vendus, d’un des plus connus… le mojito. Concepteur d’ateliers (Colada Cocktails), Baptiste Bochet décrypte les 5 ingrédients du mojito pour une recette inratable.
EntreprisesIndustrie

A Bordeaux, la distillerie Moon Harbour lance ses premiers whiskies

A Bordeaux (Gironde), le premier whisky de Moon Harbour a enfin vu le jour. Baptisé Dock 1, très doux, soyeux en bouche,…