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Les Trois 8 comptent démocratiser la bière artisanale à Paris

Dans l’univers bouillonnant de la bière artisanale, le bar Les Trois 8 compte sur une approche originale de la distribution pour faire découvrir de nouvelles bières aux Parisiens.

Ouvert il y a quatre ans, le bar Les Trois 8, situé dans le quartier de Ménilmontant, à Paris (20ème arrondissement), joue la carte de l’originalité avec une offre de bières exclusivement artisanales et constamment renouvelée. Le cogérant des Trois 8, Philippe Currat, qui a rejoint il y a deux ans leur fondateur Julien Tisserand, répond aux questions de Business & Marchés.

Quel regard portez-vous sur l’aventure des Trois 8?

La scène craft beer a énormément évolué au cours des dernières années, avec l’ouverture de nombreux établissements. Aujourd’hui, nous disposons d’une certaine notoriété dans notre domaine d’expertise, et nous aimerions démocratiser la bière artisanale à Paris. Le bar fonctionne bien, et l’offre a évolué au fur et à mesure de l’élargissement de nos contacts : nous travaillons beaucoup localement, tout en veillant au rapport qualité/prix des bières proposées. En-dehors d’événements ponctuels, nous disposons toujours d’une entrée de gamme à 2,50 euros le demi et à 4,50 euros la pinte.

Pourquoi avez-vous choisi de vous spécialiser dans la bière artisanale?

Nous n’avons pas tellement choisi de nous spécialiser sur un créneau particulier : lorsque Julien Tisserand a ouvert Les Trois 8, il a délibérément opté pour une démarche centrée sur la qualité. Il a une culture du goût, tandis que j’ai une culture de l’image. Notre objectif est de mettre en avant principalement la scène craft parisienne et française et de participer ainsi au « renouveau » de la bière en France. Nous privilégions la relation directe avec les producteurs. Lorsque ce n’est pas le cas, nous travaillons avec des distributeurs spécialisés qui accordent de l’importance à la qualité des produits qu’ils sélectionnent. Nous proposons aussi quelques bières étrangères (italiennes, belges, anglaises, scandinaves, etc.)

De quelle manière réalisez-vous vos approvisionnements?

Nous fonctionnons au moyen de notre réseau. Au début de l’aventure, nous sommes entrés en contact avec les producteurs… Aujourd’hui, nous avons mis en places des relations solides avec nos producteurs, ils nous tiennent au courant de l’actualité de leurs produits et passent souvent boire un verre ! C’est cette approche que aimons et privilégions. Les brasseurs avec qui nous travaillons sont essentiellement parisiens ou franciliens, même si nous élargissons notre spectre à l’ensemble de la France. Le feeling que nous entretenons avec les brasseurs est également très important. La carte est en rotation permanente : nous disposons d’un stock délocalisé au sein duquel nous sélectionnons régulièrement des bières afin d’avoir une offre cohérente. Nous proposons fréquemment des produits d’une vingtaine de brasseries, mais nous pouvons avoir jusqu’à une centaine de fournisseurs.

Selon vous, comment l’univers de la bière artisanale pourrait-il se développer?

Les fournisseurs-distributeurs peuvent détenir les becs par des contrats. Dans la plupart des établissements, la relation distributeur/bar se passe très bien. Toutefois, cette approche de contrat brasseur telle qu’elle existe aujourd’hui ne laisse pas de place au craft, car les bières proposées sont industrielles. Pour notre part, nous sommes propriétaires de nos becs. Le marché de la bière artisanale pourra davantage se développer lorsque davantage de becs seront disponibles, avec des volumes supérieurs (les quantités doivent suivre). Nous voyons, en cela, une approche vraiment moderne de la distribution.

Comment envisagez-vous l’avenir du secteur?

Il faut du courage ! Les bars spécialisés sont difficiles à gérer car il convient de suivre, en plus de la tenue courante de l’établissement, les relations avec de nombreux fournisseurs. Toutefois, de plus en plus d’acteurs s’intéressent au secteur et se tournent vers l’artisanat, ce qui est un bon signe !

Le bar est situé 11, rue Victor Letalle, à Paris.
Photo : Abdelwaheb Didi

Publié dansEconomieEntreprisesServices