Aller au contenu

Comment Les Trois 8 observent l’essor de la bière artisanale

Mis à jour le 16 juin 2019

Spécialisée dans la bière artisanale, l’équipe du bar parisien Les Trois 8 dispose d’un point de vue privilégié sur l’évolution du marché de la craft beer, et aspire à faire découvrir cet univers.

Huit bières artisanales à la pression (des brasseries Demory, Deck & Donohue, Goutte d’Or, Parisis…), de la musique et de la street food : pour la deuxième année consécutive, le bar à bières parisien Les Trois 8 a quitté son quartier de Ménilmontant le temps d’un week-end pour faire découvrir son univers au-delà du périphérique, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), dans la cour d’un ancien site industriel, et s’offrir une terrasse à la fin de l’été.

«L’idée est assez simple : il s’agit de mettre en avant la bière artisanale en-dehors de notre bar, et de nous amuser ailleurs !», indique Julien Tisserand, cogérant des Trois 8, qu’il a lancé en 2011. Depuis cette date, le secteur de la bière artisanale a explosé – la France compte aujourd’hui plus de 800 brasseries. «Ce sont les brasseries qui font l’essentiel du travail. L’Italie, la Scandinavie, les Etats-Unis… sont en avance par rapport à la France. Les consommateurs demandent davantage à en savoir plus sur ce qu’ils achètent», explique-t-il.

Un développement ralenti de la bière artisanale

«Au départ, il s’agissait vraiment d’artisanat. Aujourd’hui, on constate de nombreuses aspirations, très différentes, chez les brasseurs», complète Philippe Currat, cogérant des Trois 8. Pour sélectionner les huit bières proposées à la pression – sur un panel constamment renouvelé – l’équipe du bar se base sur «le goût, l’empathie avec les brasseurs, et la qualité», précise Julien Tisserand. «Dans l’industrie de la bière, le problème, ce sont les directions marketing. Si l’impulsion n’émane pas d’un brasseur ou d’un créateur, il n’y a pas de logique», abonde Philippe Currat.

A l’instar d’une poignée d’autres bars parisiens, Les Trois 8 disposent d’une liberté de choix pour acheter et commercialiser les bières. «Compte tenu de l’importance des contrats brasseurs, le marché de la bière artisanale ne se développe pas aussi vite qu’il pourrait l’être», regrette Julien Tisserand.

En octobre, l’équipe poursuivra son travail de démocratisation de la craft beer en collaboration avec la brasserie val-de-marnaise Outland, qui lancera son bar à Paris.

Publié dansEconomieEntreprisesIndustrie