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Green business: les milliardaires misent sur les cleantechs

Chaque mois, focus sur l’actualité du green business. Les récentes intentions d’investissement de George Soros et de Richard Branson renforcent la visibilité des technologies propres.

En annonçant son souhait d’investir 1 milliard de dollars dans les technologies vertes, sur des critères restreints orientés sur l’environnement, le milliardaire George Soros a apporté, ces dernières semaines, un éclairage aussi inattendu que bienvenu sur les cleantechs et l’ISR. « Le problème du réchauffement de la planète est premièrement un problème politique présentement. La science n’est pas discutable, mais comment atteindrons-nous les objectifs que nous savons tous nécessaires? », a-t-il expliqué. Parallèlement à cette stratégie, il effectuera des dons d’un montant total de 100 millions de dollars à un cabinet de consultants spécialisé.

Richard Branson, le fondateur de Virgin, est aussi de ces milliardaires qui flairent le bon filon. Après des investissements hasardeux dans le transport aérien, le cola ou les navettes spatiales, le Virgin Green Fund constitue une opportunité de concilier business et respect de la planète. Ce fonds, doté de 400 milliards de dollars et basé conjointement à Londres et San Francisco, se serait fixé pour objectif d’obtenir un retour sur investissement de 30 %. Si l’ISR ne démérite pas par rapport aux placements traditionnels, en attendre de tels rendements semble, au vu du contexte économique actuel, particulièrement ambitieux.

En France, c’est une famille engagée de longue date dans la grande distribution, les Mulliez, qui sont au coeur de l’actualité. Leur expérience dans le commerce – Auchan, Leroy Merlin, Kiabi… – leur confère une position de choix en matière de choix énergétiques, le parc immobilier (magasins, entrepôts) étant particulièrement développé. « La distribution est un secteur qui consomme beaucoup d’énergie. Il est donc normal que ses principaux représentants regardent de près la façon d’aborder cet aspect via toutes ses composantes environnementales », a indiqué le président de Voltalia, Robert Dardanne, dont les Mulliez entrent au capital (49 %) par le biais d’une holding. Ce producteur de centrales électriques espère beaucoup de cet apport.

Quant à Bolloré, il développe de nouveau ses activités dans les batteries. Plus d’un milliard d’euros a été investi depuis une quinzaine d’années par le milliardaire pour aboutir à la commercialisation de la BlueCar, un véhicule développé avec Pininfarina. Les premiers exemplaires, prévus pour 2010, pourraient voir le jour plus tard que prévu. Une usine canadienne complètera l’entité d’Ergué-Gabéric (Finistère), le fer de lance du groupe dans les batteries: une manière de se rapprocher des gisements de lithium boliens qu’il convoite, et de s’implanter sur d’autres marchés.

Soros, Branson, les Mulliez et Bolloré n’ont pas été les seuls à se pencher sur les cleantechs ces dernières semaines: selon les chiffres publiés par le site Green Univers, les investissements sur ce créneau se sont élevés à 897,5 millions de dollars au troisième trimestre, en hausse de 89 % par rapport au second trimestre. Les conséquences de la crise se font encore sentir: le montant est en recul de 14 % sur un an. Les excellentes performances enregistrées au troisième trimestre laissent déjà à penser que l’environnement et les technologies qui y sont liées constitueront un élément fort de la reprise.

Le réveil du marché des fusions-acquisitions et le rebond des introductions en Bourse permettront au secteur de poursuivre sa consolidation – de nombreuses PME cohabitent tant bien que mal avec une poignée de grandes entreprises – et de dégager de nouvelles possibilités de financement, le capital-investissement ne constituant qu’un moyen parmi les autres. GCL-Poly Energy Holdings , un fabricant chinois de silicium pour cellules solaires, a réussi à engranger 474 millions de dollars en Bourse !

Publié dansEconomieMarchés et finance