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BrewDog envisage de bâtir une brasserie en France et d’accélerer ses efforts environnementaux

Forte d’une incroyable croissance, BrewDog compte, parmi ses projets liés à son opération de financement participatif Equity for Punks Tomorrow, créer une brasserie en France, et aller plus loin en matière de transition écologique.

“La France est notre plus grand marché d’exportation et nous voulons réduire notre empreinte carbone”, explique BrewDog. L’entreprise d’origine écossaise prévoit donc, dans les prochaines années, l’implantation d’une brasserie et d’un centre d’accueil des visiteurs sur le territoire, pour un coût estimé à 12,5 millions de livres. Un projet qui sera concrétisé uniquement si elle parvient à dépasser la barre des 7,5 millions de livres (“jusqu’à un objectif ambitieux de 50 M£”) de son programme de levée de fonds “Equity for Punks Tomorrow”, qui court jusqu’au 28 janvier 2021.

Les actions coûtent 25,15 £ chacune, avec l’achat de deux actions au minimum. L’offre est éligible dans 31 pays. Si le premier objectif est atteint, trois turbines de 800 kW (1 M£, mars 2021) permettront d’alimenter le site historique d’Ellon (Ecosse) au moyen de l’énergie éolienne. “La fermentation produit du CO2. Nous voulons capturer tout ce CO2 afin qu’il ne s’échappe pas dans l’atmosphère, puis l’utiliser en aval pour carbonater nos bières”, précise BrewDog (1 M£, juillet 2021) pour présenter un autre projet, autour de la récupération de CO2.

Un nouveau modèle de bars

L’installation d’un digesteur anaérobie, destiné à la transformation des eaux usées en gaz vert et en eau potable, est dans les tuyaux pour un montant équivalent et suivant le même calendrier. La transformation des drêches (les résidus de brassage) en gaz vert (750 k£, juillet 2021) participe à cet élan écologique. Le parc automobile pourrait être converti en électrique (1,5 M£, juin 2021).

A Colombus, un terrain de 17 hectares adjacent à l’usine pourrait permettre d’accueillir une houblonnière (750 k£, juin 2022). “Nous voulons créer un modèle pour l’avenir et ouvrir le bar le plus durable au monde. Zéro déchet, neutralité carbone et un dépôt pour des solutions de livraison en circuit fermé”, ajoute BrewDog en commentant son projet de bar “Tomorrow”, sans localisation pour l’instant. La firme contribuera à hauteur d’un million de livres (octobre 2021).

Autant de projets amenés à poursuivre la transition écologique de la firme, créée en 2007. De 37 employés en 2010, elle en recense aujourd’hui 1600. Elle compte 145 000 actionnaires. Entre 2010 et 2019, le chiffre d’affaires est passé de 3,3 à 214,8 M£. Dans le même temps, l’Ebitda est passé de 0,2 à 17 M£. BrewDog se revendique être la première marque européenne de bières artisanales en termes de chiffre d’affaires, et le plus grand opérateur mondial de bars à bières artisanales. En Ecosse, 610 hectares ont été acquis afin de créer une forêt de feuillus indigènes (à horizon 2022).

La canette à l’honneur

Si le résultat de la levée de fonds est supérieur à 7,5 M£ ,en plus de la construction d’un site français, afin de répondre à la demande en bière artisanale en Inde, en Chine et au Japon, une brasserie destinée aux marchés asiatiques est prévue pour juin 2022, également pour un montant de 12,5 M£. “Notre secteur des spiritueux continuant à se développer fortement, nous devons accroître notre capacité pour répondre à la demande”, indique par ailleurs BrewDog, désireuse de faire construire une “éco-distillerie” en janvier 2022, pour un coût de 5 M£.

En août 2021, sont prévus une nouvelle ligne de conditionnement en canettes (5 M£) ainsi que l’installation de panneaux solaires à la brasserie de Berlin (Allemagne), la brasserie de Brisbane (Australie), la brasserie de Columbus (Etats-Unis) et sur l’entrepôt de Glasgow, pour 3 M£. Des plateformes dédiées aux “formats d’emballage circulaires, tels que des bouteilles réutilisables, des growlers et des canettes” sont également en projet (1 M£, en novembre 2021). Des produits “plus durables” (2,5 M£) sont projetés pour juin 2022.

Des erreurs à ne pas reproduire

Fin novembre, dans un long post publié sur LinkedIn, le PDG et cofondateur de BrewDog, James Watt, réalisait par ailleurs un exercice d’auto-contrition, en revenant sur ses plus grosses erreurs, selon lui, afin d’éviter aux chefs d’entreprise de les reproduire.

Parmi les fails figurent la Pink IPA (2018) au marketing jugé “sexiste” alors que l’intention était de promouvoir l’égalité hommes-femmes. Egalement, le fait d’avoir embauché en bloc “une équipe de direction expérimentée et coûteuse” sans rattachement à la culture de l’entreprise; de prévoir de trop grandes installations de production pour les sour beers Overworks; d’ouvrir les bars à la franchise (pour un résultat “assez médiocre”) avant de devoir les reprendre en propre; de délocaliser la production d’Hawkes, une entreprise de cidre artisanale acquise en 2018 de Londres à Ellon (l’expérience a duré dix-huit mois avant de relocaliser); et d’expédier, en 2008, de la bière en Californie… dans une boîte en acier qui a rendu les boissons chaudes.

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A propos de l'auteur
Journaliste, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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