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Conjoncture: les apparences sont trompeuses

L’analyse détaillée des dernières publications permet de mettre en exergue de profonds contrastes au sein de la zone euro.

L’Union européenne est sortie de la récession… mais ce n’est pas pour autant que la crise est terminée. L’analyse des différentes publications macroéconomiques de ces derniers jours révèle de forts contrastes au sein de la zone euro et de l’organisation dans sa totalité; et soulève la nécessité de mettre ces chiffres en regard avec de nombreux autres éléments.

Dans la zone euro

Selon la première estimation de l’Office statistique Eurostat rendue publique vendredi dernier, le PIB des pays de la zone euro, qui compte seize membres, s’est apprécié de 0,4 % au troisième trimestre. Il s’agit de la première période positive après quinze mois de récession. Si l’Autriche, l’Italie ou les Pays-Bas sont les premiers bénéficiaires de cet élan, d’autres Etats ne peuvent en dire autant.

C’est notamment le cas de l’Espagne, toujours affectée par les conséquences de la crise, notamment sur le marché de l’immobilier. Le taux de chômage a poursuivi sa progression, à 17,9 %: ces chiffres particulièrement mauvais laissent penser à de nombreux experts que le pays sera l’un des derniers à sortir de la récession. L’économie s’est contractée de 0,3% au troisième trimestre. La publication de ces données ne constitue donc pas une surprise.

La déception est en revanche de mise concernant la Grande-Bretagne, dont le produit intérieur brut a reculé de 0,4%. Avec six semestres de récession, il s’agit de la plus longue période de contraction de l’activité économique enregistrée depuis la création de l’indicateur en 1955. Sur l’année fiscale en cours, le déficit public devrait dépasser 12% du PIB. Des emprunts d’un montant total d’environ 192 milliards d’euros pourraient être contractés sur l’exercice budgétaire en cours.

Hors de la zone euro mais au sein de l’Union européenne, la Hongrie et Chypre font également pâle figure. L’économie hongroise peine à sortir du marasme avec une chute de 1,4% de son PIB au troisième trimestre, aggravant le cas du pays: sur un an, l’économie s’est contrastée de 7,2%. A Chypre, le PIB devrait pour sa part décroître de 0,5% pour l’ensemble de 2009, soit le premier recul en l’espace de trente ans.

En France

Dans l’Hexagone, le produit intérieur brut s’est apprécié de 0,3% au troisième trimestre: une performance honorable au vu du contexte actuel mais en deçà des prévisions des experts.

Les investissements industriels devraient quant à eux reculer de 24% en 2009, tandis que 2010 se présente déjà comme un cru lui aussi médiocre. Entre septembre 2008 et septembre 2009, les commandes de machines se sont effondrés de 48%.

En dépit des apparences, la crise n’est pas totalement terminée.

Publié dansEconomiePolitique éco