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Mobilité: le cœur des cadres en balance

Les dirigeants se déclarent prêts à relever de nouveaux défis, mais limitent les risques.

Le marché du travail peine à reprendre des couleurs… mais l’intention est là. Les résultats de la dernière enquête Top Management France/Net Iris le prouvent: 56 % des salariés interrogés indiquent qu’ils comptent rechercher un nouveau poste lorsque la conjoncture économique sera plus favorable. Les sondés restent frileux, en conditionnement leur recherche à l’avènement d’une conjoncture plus adéquate. Une volonté largement ressentie par les cadres dirigeants: 53% d’entre eux s’attendent à des départs à la « fin » de la crise.

Rares sont les salariés qui ont osé franchir le pas ces derniers mois. Pourtant, de nombreux emplois ne sont pas pourvus, dans les fonctions d’encadrement, par manque de candidats. Les conséquences familiales d’un choix hasardeux sont exacerbées dans l’environnement particulièrement difficile qui prévaut actuellement. « Un grand nombre de nos propositions d’embauches ont été rejetées en toute fin de négociation, Quand certains candidats recevaient leur contrat de travail, ils refusaient au final car ils ne voulaient plus prendre ce risque », expliquait récemment à l’Agefi Hélène Bernicot, responsable des ressources humaines de Crédit Mutuel Arkéa.

Les résultats de l’étude Mobicadres, qui mesure la mobilité des cadres, témoignent de la prudence actuelle. Réalisée par le conseil en reclassement Oasys, l’enquête révèle que le taux de mobilité s’est établi en 2008 à 24,8%, en baisse de 3,8 points sur un an. La chute est plus marquée chez les juniors et les séniors. Conformément aux résultats d’autres études, la mobilité chez les cadres et décideurs est davantage volontaire que contrainte. La motivation financière s’efface par rapport à des critères liés au sens alloué au travail effectué, tandis que les projets professionnels s’avèrent, selon de nombreux DRH, plus construits.

60 % des cadres expliquent vouloir changer d’entreprise à moyen terme: les entreprises se retrouvent, sans forcément le savoir, face à un vivier mouvant de talents. Pourtant, les firmes se concentrent principalement sur le recrutement de jeunes diplômés, qu’elles pourront certes former à leurs méthodes et faire évoluer par la suite, et délaissent les décideurs de leurs actions. L’opération « Entretien immédiat » en cours depuis sept ans chez BNP Paribas a pour objectif l’embauche de commerciaux… Des efforts qui sont moins visibles pour de plus hautes fonctions.

En 2008, selon l’Apec, 8% des cadres ont changé d’entreprise, un chiffre en progression en dépit d’un climat économique dégradé. L’envie de défis reste présente chez les managers, mais le contexte actuel agit comme un frein difficile à contourner.

Publié dansEconomie