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Valeurs moyennes: les mid caps amorcent la sortie de crise

Les valeurs moyennes représentent un gisement d’opportunités dont quatre gérants ont décrypté les enjeux lors du salon Actionaria, samedi dernier à Paris.

Ne vous fiez pas à leur nom: les valeurs moyennes affichent des performances tout à fait honorables… et qui pourraient vous surprendre. L’engouement actuel pour les small & mid caps, des valeurs cotées dont la capitalisation boursière n’excède pas 1,5 milliard d’euros, le prouve. L’indice Mid & Small Cap 100 s’est apprécié de 35% depuis le mois de janvier, témoignant de la résistance d’entreprises présentant de nombreux avantages pour les investisseurs.

En dépit d’une notoriété plus ou moins forte selon les firmes, les small & mid caps apparaissent comme un vivier au sein duquel la plupart des secteurs sont représentés, en contournant quelques risques ou désagréments propres aux « grandes » valeurs: les plus importantes et les plus renommées sont les premières visées en Bourse, les exposant à une volatilité potentiellement plus forte. Il est par ailleurs souvent difficile de cerner le périmètre exact de nombreuses entreprises, conséquence d’une information disséminée entre les différentes entités.

Les raisons du rally

Vincent Le Sann, responsable du bureau de recherche chez Portzamparc, rappelle que ce compartiment a particulièrement souffert fin 2008. Avec le rebond opéré sur les marchés, des sociétés ont vu leurs cours multipliés par deux sur l’année, comme Bull, Meetic ou Soitec: ces valeurs sont particulièrement attractives. Quelques grosses pondérations ont fortement grimpé, complète Jean-François Descaves, président et directeur de la gestion de Financière de Champlain, mais certaines sont toujours en retard. Les valeurs moyennes ont sous-performé dès la mi-2007: ça ne pouvait amorcer qu’un début de redémarrage.

François Chaulet, directeur associé de Montségur Finance, explique ce rebond « très violent » par le redémarrage des opérations financières, qui ont connu un trou noir en 2008. Il ne se passe pas une semaine de bourse sans qu’il y ait une, deux ou trois opérations. Dans la période actuelle, il n’y a pas de meilleur signal, selon l’expert, que d’écouter les chefs d’entreprise et leur action. Pour Armand de Coussergues (co-gérant chez Financière de l’Echiquier), il fallait des préalables pour que ce rally se déroule, comme l’ouverture du crédit. L’attractivité des actions est également à prendre en compte, compte tenu des rendements assez élevés qu’elles apportent.

Les moteurs de la croissance l’an prochain ?

L’avantage des valeurs moyennes réside, pour Jean-François Descaves, dans la possibilité de trouver ce que l’on veut. Malgré un scepticisme affiché quant à l’idée de croissance économique en 2010, le spécialiste indique que beaucoup de sociétés moyennes pourront connaître des progressions liées à des métiers spécifiques.

Pour François Chaulet, la phase de rebond qu’on a connu depuis mars, « c’est fini. » Mais les mid caps offrent plus de facilité pour comprendre les métiers. Le côté franco-français de l’activité de ces firmes, qui peut apparaître comme un désavantage, se résorbe: elles sont aujourd’hui capable de profiter des pays à forte croissance.

Armand de Coussergues estime quant à lui que le rally a sans doute permis de corriger les déficiences du marché. En revanche, toutes les valeurs moyennes n’ont pas rebondi. En 2003, le rebond est venu des valeurs moyennes; en 2009, il y a encore un certain potentiel pour ces valeurs. Le contexte économique pourrait cependant se positionner comme un frein aux performances des entreprises: « en 2010, ça ne va pas être le retour des Trente Glorieuses », affirme-t-il.

Les choix des experts

Afin de profiter de l’eldorado offert par les valeurs moyennes, noter l’avis des gérants peut sembler une idée judicieuse. Vincent Le Sann table notamment sur Rue du Commerce, « une marque très connue » dans l’univers internet, mais très faiblement valorisée selon lui. L’entreprise transforme son modèle historique de distributeur pour aller sur des métiers à plus forte valeur ajoutée (une galerie virtuelle, par exemple), plus rentables. Par ailleurs, la monétisation de l’audience est un enjeu majeur: une valeur qui présente du potentiel.

Jean-François Descaves, dont la société, Financière de Champlain, est spécialisée sur les thématiques liées au développement durable et à la solidarité, recommande Séché Environnement, dont le métier – la valorisation de déchets – est « extrêmement stable ». Dans l’avenir, la transformation des déchets en énergie ou autre débouché est amenée à s’amplifier. Quant au gérant de maisons de retraite Orpéa, affichant depuis plusieurs années des taux de croissance à deux chiffres, il évolue sur un métier amené à se renforcer en raison du vieillissement de la population.

Armand de Coussergues invite pour sa part à se pencher sur Rockwool, un groupe danois concurrent de Saint-Gobain. Côté à Copenhague, il commercialise des produits d’isolation des bâtiments. Pour faire reculer la consommation d’énergie, il faut mieux isoler: le secteur du BTP n’a pas été épargné par la crise, mais les activités liées à la réduction de la consommation énergétique restent porteuses.

Opérant sur des niches diverses et souvent porteuses, les valeurs moyennes font figure d’iceberg dans un océan de mauvaises nouvelles économiques.

Publié dansConférences & documentsInvestissementMarchés et finance