À la Porte de la Chapelle, la ferme urbaine de 1 200 m² entame sa deuxième saison d’ouverture au grand public. Repris en 2024 par un trio d’entrepreneurs, le site cherche à concrétiser sa promesse initiale d’ancrage local à travers une offre maraîchère, un bar-restaurant 100 % végétal et une programmation culturelle.
Pour la deuxième année consécutive, la ferme urbaine Plantation Paris, située Porte de la Chapelle dans le 18ᵉ arrondissement, s’ouvre au grand public chaque week-end, d’avril à octobre. Le site fait coexister une activité agricole permanente et une exploitation événementielle durant la haute saison.
Cette ouverture régulière permet au lieu de concrétiser l’un des engagements initiaux du projet. En effet, jusqu’à sa reprise en 2024, et contrairement aux promesses d’origine, le site restait peu accessible aux riverains. L’ouverture sur le quartier constituait pourtant l’un des éléments clefs du dossier présenté par la société Cultivate lors de l’appel d’offres Parisculteurs mené par la Mairie de Paris en 2018.
L’activité a été reprise en 2024 par trois entrepreneurs : Lucie Basch, cofondatrice de Too Good To Go ; Stéphane Vatinel, fondateur de l’ancien groupe de tiers-lieux Sinny&Ooko ; et Hugo Sialelli, directeur général de la brasserie corse Pietra et du groupe Boissons de Corse. Ce dernier ensemble est également présent sur le continent à travers la Brasserie du Pays Basque ainsi que les brasseries franciliennes Demory et Paname Brewing Company, regroupées à Saint-Denis.
Maraîchage et hydroponie sur 1200 m²
Sur le volet agricole, des maraîchers travaillent sur place toute l’année. Chaque fin de semaine, des paniers issus des récoltes sont commercialisés à 10 euros, avec un tarif réduit pour les habitants du quartier. La production comprend notamment des concombres, des betteraves, des cébettes, du basilic petite feuille, des piments, pieds de tomates ou bien du thym. 1200 m² de serres en hydroponie accueillent du basilic thaï, pourpre ou citronné, ainsi que des micro-pousses et fleurs comestibles destinées aux restaurateurs parisiens. Trois ruches complètent l’installation, avec une première récolte programmée en juillet.
Une programmation festive et une offre 100% végétale

L’exploitation événementielle s’articule autour d’un bar-restaurant, de ventes de friperies, d’animations thématiques comme le nouvel an malgache ou le rodéo salsa, et de DJ sets organisés de mi-avril à mi-octobre. «L’objectif est également d’accueillir plus de live», explique Louis Steffens, le nouveau directeur d’exploitation en charge de l’accueil du public, issu du milieu culturel et de l’événementiel. Du lundi au jeudi, le site est ouvert à la privatisation pour les entreprises.
L’offre de restauration est garantie sans aucune protéine animale. La carte propose des assiettes à partager associant pesto, houmous, guacamole de courgettes du jardin servi avec des nachos, petits baos aux aubergines et un «green cheese» élaboré à base de lupin. Côté bar, les créations exploitent la récolte du toit, à l’image du Basilic smash — mariant gin, mezcal, citron jaune, sucre et basilic frappé sur glace — préparé «puisque la production de basilic est assez folle», souligne Louis Steffens. «Grâce au basilic, la couleur des cocktails peut varier», indique-t-il, en mettant en avant le basilic pourpre comme l’une des originalités du lieu. La carte comprend aussi une Margarita au concombre de la ferme et un Sazerac vodka-framboise proposé ponctuellement. Les bières sont fournies par Paname Brewing Company.
Sur le plan humain, l’organisation repose sur deux salariés permanents affectés à la partie agricole. «Nous avons des salariés 7 jours sur 7 grâce à deux employés sur la partie agricole et le week-end, nous pouvons assurer l’exploitation du bar-restaurant», précise Louis Steffens. Après un mois de mai marqué par de fortes précipitations et un mois de juin caniculaire, la fréquentation tend à se stabiliser dans ce secteur excentré, portée par un réseau d’habitués et une visibilité accrue sur les réseaux sociaux.
37 rue des Cheminots, 75018 Paris
