Aller au contenu

Le cognac veut en finir avec son image ringarde

Au salon des spiritueux français France Quintessence, le cognac s’expose sous de nouvelles formes, avec de jeunes entrepreneurs qui revisitent cette eau-de-vie.

« La France a toujours été en avance et « hors-norme » sur les spiritueux : le cognac ou l’armagnac sont connus partout dans le monde. L’an dernier, lors de l’annonce du lancement d’un salon dédié aux spiritueux français, notre démarche était prise à la légère : cette catégorie était considérée comme vieillissante, ou était accolée à des difficultés de commercialisation. Or, elle est inscrite dans la tendance et dans la modernité ! », lance le coorganisateur de France Quintessence, Philippe Jugé. La deuxième édition, du salon, organisée les 11 et 12 septembre à Paris, met notamment à l’honneur de nombreuses innovations autour du cognac.

«Le cognac est une eau-de-vie à base de raisin dont on exporte 97,3% de la production, rappelle Régis Hardouin-Finez, consultant indépendant et cognac educator pour le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC). En France, le cognac a une image ringarde. Pour faire découvrir ce patrimoine, on joue sur les accords.»

Le chef Tomy Gousset, qui lance son restaurant Tomy & Co courant septembre dans le 7ème arrondissement de Paris, a ainsi concocté un chessecake revisité à base d’Ossau-Iraty, en partenariat avec le BNIC. Il cuit le fromage dans de la crème. « Le gras du fromage atténue le feu de l’alcool, tandis que la salinité réagit avec l’acidité du cognac », ajoute Régis Hardouin-Finez.

La nouvelle génération s’empare du cognac

Cofondatrice de la marque Bourgoin Cognac, Maëlys Bourgoin s’inscrit dans cette logique de démocratisation de la célèbre eau-de-vie. Son nouveau produit, Fine Pale, est dédié à la mixologie avec un embouteillage à 62,5°, afin de conserver les arômes, et un conditionnement de 70 cl. «Une des spécificités de Bourgoin Cognac consiste en la production en micro-barriques de dix litres. Nous pilotons l’intégralité de notre processus de fabrication, en nous appuyant sur le domaine familial. Nous souhaitons nous différencier par l’innovation produit et par notre flacon, plus petit que la normale pour notre gamme principale (35 cl). L’objectif est aussi de pouvoir proposer un XO plus abordable», expliquait-elle en mai dernier à Business & Marchés.

A Mainxe (Charente), les deux associés de Marancheville font eux aussi partie de cette nouvelle génération qui s’empare du cognac. «Nous sommes distillateurs et viticulteurs de métier. Nous avons créé cette activité en parallèle pour montrer que le cognac n’est pas réservé aux professionnels. Nous souhaitons aller vers un cognac harmonieux et subtile», précise Grégoire Lucas, qui copilote l’entreprise depuis trois ans.

Des gammes qui se diversifient

Les maisons historiques de cognac ne sont pas en reste. Fondée en 1926, Larsen a lancé deux produits dédiés à l’univers du cocktail, Summer Blend (qui développe des arômes fruités) et Winter Blend (pour des cocktails «plus forts»). Les domaines Francis Abecassis jouent également la carte de l’originalité avec un produit lancé l’an dernier, ABK6 Honey. Cette liqueur consiste en un mélange de cognac (à hauteur de 87%) et de miel de châtaignier produit en Charente (13%).

«Nous avons découvert  qu’il est autorisé de faire vieillir du cognac dans des fûts de vin français. Personne ne l’avait remarqué. Pierre Ferrand Banyuls, et bientôt, Pierre Ferrand Sauternes seront proposés », indique pour sa part Alexandre Mourigué, commercial pour la France chez Maison Ferrand, notamment connue pour ses gins Citadelle. « Le cognac n’est pas seulement un digestif», souligne Régis Hardouin-Finez. La créativité y est résolument de mise.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

Publié dansEconomieEntreprisesIndustrie