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Whisky Live: place à la créativité dans les spiritueux

Mis à jour le 30 octobre 2018

Whisky vieilli en fûts de bière, pots de confiture, food pairing avec du chocolat… La créativité est de mise dans les allées du salon Whisky Live, le rendez-vous automnal des spiritueux à Paris.

Lorsque le représentant de Glenmorangie verse quelques gouttes de The Nectar d’or (photo) dans les verres des nombreux visiteurs présents sur son stand, l’attention se porte instantanément sur ce whisky, vieilli dans des barriques de Sauternes sélectionnées individuellement. Des notes de citron vert, d’orange et de gingembre ponctuent ce produit mis à l’honneur lors de la treizième édition du salon Whisky Live, organisé du 24 au 26 septembre à Paris.

Les marques, qui sont invitées à y faire découvrir leur gamme, se sont mieux emparées des possibilités offertes par la Cité de la mode et du design pour davantage personnaliser leurs stands – des pièces semi-fermées, une voiture ou bien encore une Harley-Davidson ponctuent le parcours des visiteurs.

L’IPA à la rescousse de Glenfiddich

Cette quête d’originalité se retrouve également dans l’offre «Experimental series» de Glenfiddich. Soucieuse de moderniser son image et de monter en gamme, la distillerie écossaise propose deux produits résolument disruptifs. Le premier, «IPA Experiment», est le premier whisky single malt vieilli en fûts de bière IPA (India pale ale). Ce type de bière, très en vogue actuellement, a constitué un pont entre le maître de chai de Glenfiddich, Brian Kinsman, et une micro-brasserie située dans la région du Speyside. «Le résultat est un liquide composé d’une note d’agrumes piquante suivie douce, vanille et un soupçon de houblon frais», a expliqué Brian Kinsman. Il est conseillé de servir ce whisky simplement accompagné d’un zeste d’orange.

En revanche, de l’eau et du sel de Guérande peuvent être ajoutés au «Project XX», un whisky aussi mystérieux que son nom. Glenfiddich a proposé à vingt experts du whisky de se réunir pour composer un produit vieilli dans vingt fûts différents. «La douceur initiale est complétée par une note singulière d’amande grillée, de canelle et un soupçon de tanin frais», souligne la marque, qui n’a pas hésité à casser les codes graphiques traditionnels du whisky pour asseoir le marketing de ce produit plutôt destiné aux amateurs avertis, un positionnement revendiqué par Glenfiddich.

Remontée à travers l’histoire

Sise à Brooklyn, la chocolaterie new-yorkaise Widow Jane a quant à elle eu l’idée, il y a quelques années, de produire du whisky, les process de transformation des fèves de cacao et des grains pouvant se rapprocher. Le résultat est surprenant, avec des alliances gustatives à base de bourbon détonantes. Dans le Tennessee, Ole Smoky Moonshine, dont les produits sont commercialisés en France depuis environ un an dans le circuit CHR, propose une gamme de whiskies souhaitant surfer sur l’esprit de la période de prohibition. Cerises, pêches ou pommes dynamisent l’offre, dont les références sont proposées sous forme de pots de confiture. Les produits peuvent être consommés en cocktail ou inclus au sein de desserts.

Ole Smoky Moonshine - Whisky Live Paris 2016

L’entreprise américaine The Lost Distillery Company met quant à elle à l’honneur des recettes issues de distilleries ayant fermé leurs portes au cours du siècle dernier. Chacune des six références est accompagnée d’un graphique permettant d’identifier ses caractéristiques, afin de faciliter le choix des consommateurs.

La distillerie suédoise Box fabrique, depuis ses locaux d’Ådalen (à 100 km de Stockholm), quatre références depuis décembre 2010. 100.000 litres d’alcool pur sont produits chaque année dans une ancienne centrale électrique reconvertie en usine. Des notes fumées marquent notamment sa gamme «Early Days», grâce à la présence de 35% de whisky tourbé.

Les spiritueux peuvent aussi se déguster en cocktail

Contrairement à ce que laisse paraître son nom, Whisky Live ne se restreint pas à un seul spiritueux. Après la présentation des possibilités offertes par le produit en cocktail, lors du salon Cocktails Spirits en juin dernier, ou accompagné de fromage lors de France Quintessence mi-septembre, le Bureau national interprofessionnel du cognac poursuit son travail de démocratisation avec un atelier de food pairing autour du chocolat, lequel diminue l’amertume de l’alcool du cognac XO, dont les arômes de noix, de caramel et de fruits secs sont néanmoins à relever.

La Maison Ferrand a pour sa part choisi de présenter les nouveautés de sa marque de rhum Plantation et de mettre en avant le Barbados. Ce rhum de 11 ans d’âge a été vieilli durant huit ans en fûts de bourbon, dans les Caraïbes, avant de rejoindre Cognac pour passer trois ans en fûts de cognac. Le St Lucia 2005, aux notes de canne à sucre et de banane, a lui aussi ponctué les dégustations proposées, tout comme un daiquiri revisité avec le concours de trois types de rhums différents.

Pour la première année, ce segment des cocktails a été doté d’un espace à part entière, la «Cocktail Street». Situé au sous-sol de la Cité de la mode et du design, et ouvert à tous, ce marché associe des bars à cocktails et des food trucks, dans une ambiance résolument urbaine. La marque d’Irish whiskey Green Spot en a profité pour proposer le «Spot & Soda», un cocktail rafraîchissant associant son produit phare à du sirop de pomme-menthe et de l’eau pétillante.

Monkey Shoulder Whisky Live Paris 2016

A l’autre bout du plateau, l’équipe de Monkey Shoulder (photo) a fait le show avec son stand coloré et ses représentants prêts à faire s’envoler – ou presque !- des cocktails au moyen de ballons. Qu’elle concerne les produits ou le marketing, la créativité en matière de spiritueux n’a pas de limites.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

Publié dansEconomieEntreprisesIndustrie