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Comment organise-t-on une course cycliste au-delà du cercle polaire arctique

Organisée en Norvège courant août, l’Arctic Race of Norway se distingue dans le paysage des courses cyclistes par sa localisation, ses paysages et sa logistique.

Du 11 au 14 août dernier, la quatrième édition de l’Arctic Race of Norway, pilotée par Amaury Sport Organisation (ASO),  a permis à ses coureurs cyclistes de parcourir la Norvège, des deux côtés du cercle polaire arctique. 123 participants ont notamment pris le départ de la dernière étape. L’entreprise propose, chaque année, le Tour de France ou bien encore le Dakar. Pour comprendre comment organise-t-on une telle épreuve, Business & Marchés a interrogé Thibault Freté, coordinateur de général de l’Arctic Race of Norway.

Quelles sont les contraintes liées à l’organisation d’une course dans de telles contrées?

Thibault Freté − L’Arctic Race of Norway est la course la plus au nord du monde, organisée au-delà du cercle polaire. Les contraintes sont à la fois logistiques (liées à l’éloignement du nord de la Norvège) et humaines (liées au savoir-faire de l’organisateur en matière d’organisation d’une course cycliste professionnelle). Hyundai, partenaire officiel de l’épreuve, mobilise ainsi plus de 220 véhicules à travers tout le pays pour l’organisation et les équipes, et les achemine au nord de la Norvège au cours du mois de juillet. Nous affrétons aussi plusieurs avions entre Bruxelles et la Norvège, afin de transporter les coureurs, leur matériel de course, et les membres de l’organisation. Sur place, nous nous efforçons à travailler avec des fournisseurs locaux pour les structures logistiques les plus simples (barrières, arches gonflables), mais devons souvent acheminer en Norvège du matériel spécifique et technique qu’il n’est pas possible de trouver là-bas.

De quelle manière vous organisez-vous pour préparer le circuit et les modalités pratiques ?

Le choix du parcours de l’Arctic Race of Norway se fait uniquement selon la base de critères sportifs (intérêt et confort pour les coureurs), logistiques (faisabilité en matière d’infrastructures, routes, hôtels) et d’attractivité des paysages, qui est un des éléments qui positionne l’épreuve comme étant différente de toutes les autres. Le parcours est amené à changer chaque année, afin de faire découvrir l’ensemble du Nord de la Norvège aux téléspectateurs du monde entier et de travers les 3 régions du Nord de la Norvège (Finnmark, Troms et Nordland, du nord au sud). Les premiers tracés sont imaginés dès le mois de septembre, et nos équipes se rendent sur place à la fin de l’année pour procéder aux repérages, affiner les itinéraires, voire imaginer de nouveaux tracés.

Comment sont tournées les images?

La production des images télévisées est une contrainte d’autant plus importante qu’elle est la marque de fabrique des épreuves cyclistes organisées ou co-organisées par Amaury Sport Organisation. Le matériel de tournage et les équipes de production sont ainsi les mêmes que sur le Tour de France, et nous collaborons avec des prestataires norvégiens pour la mise à disposition d’hélicoptères, avions relais et autres fréquences radio.

Quel est le profil des participants, et diffère-t-il des autres courses?

Malgré son jeune âge (4 éditions uniquement), l’Arctic Race of Norway a déjà trouvé sa place dans le calendrier cycliste international et attire chaque année un plateau de plus en plus dense. En 2016, 11 des 17 équipes WorldTour (la première division des équipes cyclistes) et 14 équipes ayant participé au Tour de France (sur 22) se sont ainsi rendues en Norvège pour l’Arctic Race. Des coureurs de renoms participent à l’épreuve (cette année, l’Allemand John Degenkolb, le Norvégien Alexander Kristoff ou encore l’ancien champion du monde belge Philippe Gilbert), aux côtés de jeunes futurs talents tels que le vainqueur de l’édition 2016, l’Italien Gianni Moscon de l’équipe Sky. De par son profil homogène (deux étapes de plaine, deux étapes accidentée dont une avec une arrivée au sommet), la course attire par ailleurs un large panel de coureurs allant des sprinteurs aux grimpeurs.

Photo: Rune Darn/ARN

Publié dansEconomieEntreprisesManagement