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Trois secteurs à suivre en 2008

Dans un contexte d’inquiétudes sur le pouvoir d’achat, d’engouement pour les solutions en faveur de l’environnement et de développement des contenus numériques en télévision, Problématiques.fr a identifié trois créneaux porteurs à suivre de près cette année, autant pour créer son entreprise que pour enrichir son portefeuille boursier.

Plusieurs données permettent d’affiner ses choix, au premier rang desquelles les cours des matières premières, des indicateurs relatifs à la conjoncture ainsi que les investissements réalisés par les entreprises. Selon la banque d’affaires Goldman Sachs, après avoir connu une hausse entre 2007 et 2008, les cours de l’aluminium devraient refluer cette année, tout comme ceux de l’acier. Le cours moyen annuel du cuivre devrait pour sa part poursuivre sa hausse, passante de 7.205 dollars par tonne en 2007 à 7.306 dollars en 2008 (côtation sur le LME). Pour Barclays, la hausse qui semble inexorable des cours du pétrole est une réalité. Le baril de brut (WTI) devrait voir son cours moyen croître à nouveau: à 66,2 dollars en 2006 et 72.4 $ en 2007, le cours moyen annuel devrait s’élever à 79 dollars cette année.

Le déficit commercial se creuse: à 35,7 milliards d’euros en 2007, il plonge à 41,9 milliards d’euros cette année. On assiste dans le même temps à un ralentissement de la croissance des exportations: en volume, celle-ci s’élevait à 6,3% en 2006, et les prévisions annoncent 3,5% en 2007, 2,9% en 2008. La production industrielle progresse dans l’Hexagone, passant de 0,9% en 2006 à 1,9% en 2008 selon les données de L’Usine nouvelle qui s’appuie sur les simulations et statistiques de l’Insee, Eurostat et HSBC. Le taux de croissance des investissements diminuerait, en passant de 4,9% en 2007 à 2,9% en 2008.

L’alimentation par la santé, à des coûts maîtrisés

La cession annoncée à l’été dernier de la branche biscuits de Lu à l’américain Kraft Foods répond avant tout à une volonté de recentrer le périmètre de l’entreprise à des produits à forte valeur ajoutée, apportant une réponse aux préoccupations sur la santé tout en dégageant de généreuses marges. Le succès d’Actimel a été renforcé par l’arrivée d’un nouveau blockbuster potentiel au rayon frais, Essensis, pour le moins nouveau puisqu’il s’agit de s’inspirer des codes de l’univers comestique: le yaourt propose de « nourrir la peau de l’intérieur« . Vendu à plus de 2 euros les quatre pots, c’est pourtant un succès. Les produits bio sont également une niche à explorer, avec des coûts de R&D sensiblement moins élevés puisqu’il s’agit essentiellement de transformation d’une matière première. Suite à la parution d’un décret obligeant les cantines scolaires à incorporer 15% de produits bio au sein de leurs menus et en plein phénomène de retour à des valeurs plus traditionnalistes, le marché du bio pourrait frôler les 20% de croissance cette année en France – il pèse actuellement près de 2 milliards d’euros.

Le coût de vente au consommateur final risque cependant de contrarier certaines ambitions. Un sentiment d’inquiétude sur le pouvoir d’achat s’est installé parmi les consommateurs, provoquant un report de certains achats sur les marques de distributeurs. Siglés aux couleurs de Carrefour, Auchan ou Intermarché, les MDD enregistrent des hausses exponentielles dans un certain nombre de rayons tels que le traiteur (+16%), les desserts (+ 18,7%) ou l’alimentation infantile (+ 26,7%). Des chiffres à relativiser cependant avec leur poids dans les ventes en valeur de produits de grande consommation: en France, les MDD ne pèsent que 26,5%, tandis que ce chiffre s’élvève jusqu’à 50% en Angleterre ou en Allemagne.

L’environnement comme nouvel eldorado des investisseurs

Les compagnies pétrolières révèlent une position à double tranchant quant aux cours élevés du pétrole. Ces derniers leurs permettent certes de poursuivre l’exploration ainsi que la R&D, mais ils ne peuvent répercuter l’ensemble des hausses au consommateur final. L’Institut français du pétrole estime à 350 milliards de dollars les investissements mondiaux dans l’exploration-production, en hausse de 10,8%. Les pays exportateurs peuvent quant à eux réinvestir une partie de leurs pétrodollars dans des projets qui assureront leur prospérité lorsque les gisements montreront des signes d’épuisement. Les prix élevés de l’or noir profitent notamment au charbon. 80 milliards d’euros seront investis d’ici à 2020 dans trente nouvelles centrales.

Le Grenelle de l’environnement a mis en exergue la nécessité de trouver d’autres sources d’énergie, dans la mesure du possible renouvelables et non-polluantes. Les carburants verts peinent à convaincre de leur pertinence au vu de l’envolée des prix des matières premières et de la chaîne de production imposante, de la culture à la pompe en passant par la transformation. Les investisseurs lorgnent désormais du coté de l’éolien, qui profite de cette vogue pour les énergies renouvelables. Le cabinet Xerfi estime que la croissance des capacités éoliennes sera, dans l’Hexagone, de 33,3% par an d’ici à 2010. Une véritable industrie se développe autour du vent, des fabricants d’éoliennes aux fournisseurs et installateurs. Les particuliers peuvent quant à eux se rabattre sur les panneaux solaires, dits photovoltaïques, avec un prix de rachat de l’électricité par EDF plus élevé (55 centimes le kWh, contre 30 auparavant).

La télévision se fait mobile

Les médias dits traditionnels s’adapatent au numérique. Après le lancement de la TNT en 2005, c’est au tour de la radio de basculer sur un nouveau mode de réception. Il ne s’agira pas ici d’adapter son poste comme les télespectateur le font avec leur démodulateur, mais bien de remplacer les appareils existants. C’est pourquoi l’arrêt de l’analogique n’est pas envisagé avant une vingtaine d’années, les autoradios intégrés étant difficilement remplaçables par exemple. Les constructeurs devraient se pencher sur les normes techniques retenues par la France afin d’être prêt pour un potentiel lancement fin 2008.

Concernant la télévision, la télévision mobile personnelle permettra de capter une quinzaine de chaînes sur un terminal adapté, et ce indépendamment des actuelles offres proposées par les opérateurs. Un nouveau réseau d’émetteurs devra également être installé, comme c’est actuellement le cas pour la TNT. Les éditeurs de services se pencheront sur les appels d’offres et attentes du public afin d’adapter leurs contenus à de nouveaux modes de consommation, en regardant la télévision de manière plus courte et à n’importe quel endroit couvert. De ce fait, les traditionnelles fiction ou émissions de 90 minutes pourraient se cantonner aux chaînes classiques ou faire l’objet de résumés. Certains producteurs y planchent déjà.

Publié dansEconomieEntreprises