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La répartition des risques comme déclencheur de la crise financière

Crise financière

La crise financière qui agite les marchés depuis l’été a permis de mettre en lumière des comportements et des produits jusque-là inconnus du grand public. Celui-ci restera avant tout marqué par les longues files d’attente devant les agences de la Northern Rock britannique en proie à une crise de refinancement, mais c’est l’ensemble du secteur de la finance, discipline mondiale et globalisée, qui est concerné.

A l’origine des turbulences, les subprimes. Ils représentent plus de 40% des prêts immobiliers souscrits en 2006 et 2007. Un important nombre des ménages concernés appartient à la frange la plus endettée de la population. La chute des prix de l’immobilier conjuguée à une hausse des taux d’intérêt depuis 2003 a rendu le cocktail difficile à digérer pour des ménages pris à la gorge. Les subprimes sont en effet des prêts hypothécaires à risques dont les taux d’intérêt remontent au bout de deux ans, une donnée souvent ignorée. La remontée des taux de quatre points a étranglé ces ménages, ce qui a conduit à une explosion du nombre de défauts de paiement. Plusieurs banques spécialisées dans ce type de crédit sont conduites au dépôt de bilan. La crise se propage à la sphère financière mondiale, car ces établissements prêteurs avaient transformé leurs créances en obligations vendues à des investisseurs du monde entier.

La titrisation s’impose comme la seconde variable de cette crise. Afin d’accroître leur activité, les entreprises de prêts immobiliers ont revendu les dettes à d’autres entrepreneurs, les sommes générées leur permettant de pouvoir financer de nouveaux emprunts. Le détenteur de l’emprunt perçoit les remboursements de l’emprunteur. Enfin, on a assisté à une dissociation des risques entre la banque, prêteur initial, et le détenteur de l’actif titrisé, qui supporte le risque. La première peut donc se permettre d’être moins regardante sur la qualité du risque, rappelle sur le site de la plateforme intellectuelle Telos l’économiste Hervé Boulhol. Et l’on a assisté à une telle diffusion des risques qu’une crise de confiance est arrivée.

Le rôle des banques centrales dans la crise

Au début des années 2000, les banques centrales ont fortement abaissé leurs taux d’intérêt pour parer aux conséquences de l’explosion de la bulle internet. L’abondance de liquidités et du crédit a été le maître-mot de cette période. L’endettement des ménages a augmenté de manière significative aux Etats-Unis et en Europe depuis 2002, et celui des entreprises depuis 2005. Les rachats par endettement ont été servis par cette politique. A partir de 2004 pour la Fed et de 2005 pour la BCE, les banques centrales ont progressivement relevé leurs taux d’intérêt directeurs. Les banques reçoivent de l’argent en dépôt et s’en prêtent. Dans le cadre de l’Eurosystème, la BCE régule ce marché interbancaire en fixant un taux de référence, aussi appelé directeur, de 4% actuellement. Les banques qui ont besoin d’un peu plus d’argent que d’habitude peuvent, chaque mardi, emprunter auprès de la BCE à condition de déposer en garantie des titres (obligations d’Etat, effets de commerce…). Lorsque les circonstances l’exigent, comme en août dernier, la BCE peut procéder à une injection extraordinaire de liquidités.

Six mois après le début de la crise, les acteurs s’en mordent les doigts. Les saisies immobilières se multiplient aux Etats-Unis. De nouveaux comportements en vue sont-ils à prévoir pour 2008 ?

Publié dansEconomieMarchés et finance

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