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Aux origines de la croissance économique

Selon un rapport du Bureau international du travail, les travailleurs français arrivent en troisième position mondiale derrière les Norvégiens et les Américains pour leur productivité par heure de travail. La hausse la plus rapide a été relevée en Asie de l’Est. Ainsi la production par travailleur est passée d’un huitième à un cinquième du niveau atteint par les pays développés entre 1996 et 2006. “Certaines personnes perçoivent la croissance impressionnante de la productivité en Asie et en Asie du Sud-Est comme une menace, mais il s’agit en fait d’une tendance positive pour l’économie mondiale”, indique José Salazar-Xirinachs, du BIT.

Selon l’économiste François Perroux, la croissance se définit par “l’augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues d’un indicateur de dimension (le PIB), le produit global net en termes réels (en volume ou en monnaie constante)”. Un taux de croissance suffisamment élevé, à savoir supérieur à au moins 2% par an, est entendu dans le cadre de l’expression “soutenue“. Ce phénomène est caractérisé sur une période d’au moins deux ans, tandis que l’on parlera d’expansion si le phénomène est de courte durée (1 ou 2 mois). Il s’agit d’un phénomène quantitatif mesurable, à savoir que la croissance signifie que les richesses ont augmenté en volume.

Un indicateur de mesure de la croissance réside dans le PIB, le produit intérieur brut. On retient pour critère le territoire. Le PIB correspond à l’addition de la somme des valeurs ajoutées des différentes branches, de la TVA et des droits de douane. Le PIB total se compose du PIB marchand (les biens et services produits par les entreprises) et non-marchand (les services non-marchands produits par les administrations, mais il y aun problème quant à l’évaluation d’une somme). Le PIB fait l’objet de critiques en raison d’imperfections. En effet, toute activité donnant lieu à des flux monétaires contribue à la hausse du PIB, quelque soit l’impact environnemental ou sociétal de cette activité. D’autre part, il sous-estime les richesses produites car il ne tient pas compte de l’économie souterraine ou informelle.

Les taux de croissance sont différents selon les pays, et variable d’une période à l’autre. En 1820, l’écart entre les taux de croissance entre les pays riches et les pays pauvres en termes de développement était de 1 à 3, tandis qu’en 1998 ce même écart variait de 1 à 19. Le Japon, l’Allemagne et la France ont figuré parmi les heureux pays où se sont déroulées les Trente Glorieuses entre 1945 et 1975, avec un taux de croissance moyen en France de 4 à 5% par an.

La contribution des facteurs de production à la croissance

Afin d’accroître le PIB, il faut augmenter la quantité des facteurs de production: lorsque l’on procède à l’augmentation du nombre d’actifs et de l’investissement, on parle d’une croissance extensive. L’accroîssement de l’efficacité de la combinaison des facteurs de production aboutit à une croissance intensive. Le facteur travail peut s’étudier à deux niveaux, quantitatif (population active plus nombreuse) et qualitative (plus qualifiée). Le capital humain ne se cantonne pas aux diplômes, par le biais de la formation intitiale, de la formation professionnelle et de l’expérience. Entre 1913 et 1992, le nombre d’années de scolarité à été multiplié par environ 2,3, ce qui traduit les efforts de certains Etats pour former leur main d’oeuvre.

L’investissement en capital contribue aussi à la croissance. L‘investissement peut se définir comme une opération réalisée par un agent économique consistant à acquérir des moyens de production. Dans une entreprise, l’investissement a pour objectif de maintenir ou d’accroître le potentiel productif. On distingue les investissements de capacité des investissements de productivité. L’investissement de capacité a pour objet l’achat de nouveaux équipements pour accroître la production, ce qui mène à une augmentation de la production et de l’emploi, tandis qu’un investissement de productivité consiste en l’achat d’équipents plus performants dans le but de parvenir à une réduction des coûts, ce qui aboutit à une augmentation de la productivité.

Certains investissements sont pour leur part liés au renouvellement ou au remplacement du matériel. L’investissement est facteur de croissance aux entreprises de produire plus et /ou mieux. Le progrès technique regroupe l’ensemble des innovations des entreprises, un domaine auquel l’économiste Joseph Alois Schumpeter (1883-1950) a consacré une large partie de ses travaux. Les innovations sont censées rendre les facteurs de production plus efficaces.

À la recherche de gains de productivité

Améliorer ou modifier l’organisation du travail est une des solutions possibles pour aboutir à un gain de productivité. Le travail à la chaîne ou la parcellisation des tâches sont des hypothèses envisageables. On découpe une tâche en gestes simples, et chaque tâche sera affectée à un ouvrier. Ces innovations organisationnelles doivent avoir pour conséquence une hausse des rendements. Ces innovations permettent de réduire le coût du travail pour deux raisons: d’une part, une faible qualification des ouvriers (d’où des salaires à la baisse), et d’autre part, un temps de formation réduit. Réaliser des investissements peut aussi concourir à l’obtention de gains de productivité.

Les investissements dans les TIC, les technologies de l’information et de la communication, sont qualifiés d’investissements immatériels. Le paradoxe de Solow, édicté en 1987, rappelait que “l’informatique se voit partout, sauf dans les statistiques“. En effet, lorsque les entreprises s’équipent en TIC, leurs gains de productivité ne sont pas immédiats. La question des limites de la croissance se pose dans des termes différents, à chaque époque.

Publié dansEconomiePolitique éco