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Maison Sassy, cinq ans d’une success story du cidre made in France

Maison Sassy fête les cinq ans du lancement de ses premiers cidres. La start-up préserve ses attaches normandes, s’étend largement à l’étranger, et collabore avec les bartenders.

En 2014, Sassy écoulait sa première bouteille de cidre. Cinq ans plus tard, la start-up a vendu près de cinq millions de bouteilles, emploie se répartit entre deux bureaux situés à Paris et à Londres, réalise plus de 40% de son chiffre d’affaires à l’export, a réalisé une levée de fonds de 1,5 million d’euros fin 2018 et s’apprête à se diversifier. Pierre-Emmanuel Racine-Joudren, cofondateur, revient sur cette success story made in France.

Quel regard portez-vous sur ces cinq dernières années ?

Nous avons créé la société fin 2013, après un an et demi de réflexion auparavant. La première bouteille vendue l’a été en 2014. La petite idée entre amis, où nous souhaitions véhiculer de bons produits normands de notre terroir, est devenue une vraie aventure entrepreneuriale. Nous sommes vendus dans dix-sept pays (plus de 40% de notre chiffre d’affaires s’effectue à l’export), avec des pays forts comme l’Angleterre, le Japon, la Corée et l’Allemagne. Nous avons ouvert un bureau à Londres en 2017. Aujourd’hui, nous avons cinq collaborateurs à Londres, et nous sommes huit personnes en France avec un siège à Paris. Le chiffre d’affaires a presque doublé chaque année.

Comment avez-vous fait évoluer votre gamme ?

Nous avions le Rosé, l’Inimitable et le Poiré, en 33 cl et en 75 cl. Un cidre demi-sec (l’Angélique) a permis d’étoffer la gamme il y a trois ans, en 100% bio. Les approvisionnements bio sont difficiles, donc nous préférons y aller au fur-et-à-mesure. Ensuite, le cidre extra-brut Small Batch a suivi, développé avec des chefs cuisiniers et des barmen, comme Guillaume Leblanc. Il a une certaine rondeur et une certaine approche plus consensuelle. Ce produit, millésimé, est entré dans sa deuxième année.

De quelle manière s’est développée la production ?

Nous travaillions avec un producteur normand – en année 1, nous n’avions pas les moyens d’acquérir des machines. Nous avons vérifié que le marché était prêt, et que nous nous inscrivions dans un marché plus largement qualitatif, avec du mieux-consommer. Cela nous a permis d’investir au niveau de la production, de faire l’acquisition d’une presse artisanale qui vient de Champagne. La pression est plutôt lente et plus progressive. Elle servira à fabriquer des produits spécifiques, à plus haute valeur ajoutée. Nos cuves sur-mesure viennent d’Italie – d’anciens boxes de chevaux, au château de Sassy (à Saint-Christophe-le-Jajolet, dans l’Orne), accueillent la production, qui reste sous-traitée en partie. Nous avons aussi replanté des pommiers.

« Le sourcing est important dans les bars »

Quel coup de pouce vous ont apporté les bartenders et les chefs cuisiniers ?

Nous avons une très belle image dans le milieu du bar et de la mixologie. Au Bristol, nous avions démarché le restaurant et le chef barman, Maxime Hoerth, a repéré nos produits. Il nous a cité dans son livre il y a quelques années ! Nous ne connaissions pas cet univers, également très porté sur l’importance du sourcing. Nous avons également travaillé avec l’équipe du Syndicat. Ce sont autant de personnes qui nous ont aidé à grandir. A plusieurs, on est plus forts. Nous avons par ailleurs déjà créé des cocktails avec 30 & 40. Sur la cuisine, il y a eu un accélérateur lors de la première édition du salon Taste of Paris en 2015. Nos premiers clients étaient le concept-store Colette (qui a fermé), puis le Drugstore Publicis. Nous avons fait connaissance de Joël Robuchon et de son chef pâtissier. Leur clientèle ne vient pas uniquement pour consommer des grands vins, mais souhaite avoir une expérience différente.

Quels sont vos objectifs de développement ?

Nous lancerons en 2020 des jus de pomme 100% bio, en série limitée compte tenu du sourcing difficile – un jus plat et un jus pétillant dans un premier temps. Nous souhaiterions étoffer cette gamme de softs. Ce lancement se fera dans les épiceries fines. Nous voulons continuer d’investir au niveau de la production en Normandie, étoffer notre gamme, et trouver des associations étonnantes avec les futurs jus de pomme. Par rapport à l’impact du Brexit, nous avons une structure au Royaume-Uni. Nous essaierons de minorer les inconvénients, notamment logistiques.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

Publié dansEconomieEntreprises