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Pourquoi « aller au bureau » ne sera bientôt plus qu’une expression désuète

Mis à jour le 22 août 2014

Ghislain Grimm, d’AOS Group, s’interroge sur l’évolution des modes de travail… sans bureau (ou presque).

GhislainGrimmTRIBUNE. « Digital workplace, co-working, campus, télécentres, tiers-lieux… Le dictionnaire de ce qu’il faut dorénavant appeler « l’environnement de travail » s’enrichit chaque jour de nouveaux mots et semble annoncer la fin de la définition traditionnelle de l’entreprise : une unité de lieu, d’action et de temps.

Si on ne va plus au bureau demain, où travaillerons-nous ?

La réponse est moins le « où », que le « quoi ». En effet pour un salarié du tertiaire, la nature des activités et donc des lieux pour les « produire » a considérablement évolué ces dernières années. Nous ne passons en moyenne plus que 50% du temps à notre poste de travail. Que fait-on l’autre moitié du temps ? Tout d’abord, nous pouvons faire du travail individuel à domicile ou en déplacement, nous sommes déjà plus de 17% à déclarer télé-travailler. Sinon, nous travaillons essentiellement à deux, à trois, en équipe, sur des activités planifiées ou impromptues partout dans l’entreprise en wifi, mais aussi à l’extérieur. Nos interlocuteurs sont in situ ou connectés à distance.

Comment explique-t-on ce phénomène, quelles évolutions sont attendues ?

Ces nouveaux modes de travail trouvent leurs origines dans des évolutions sociétales. Par exemple l’accroissement des temps de déplacement domicile/travail, l’internationalisation des échanges, l’intérêt pour la qualité de vie au travail, l’évolution des modes de management ou encore l’aspiration des salariés à l’autonomie et à la responsabilisation.

Des aspirations suffisent-elles à transformer l’entreprise ?

Ces attentes sont fortes et souhaitées par une nouvelle génération qui arrive en masse (départs à la retraite des boomers) dans les entreprises, et 93% d’entre eux ne veulent plus d’un bureau classique (étude Essec – Mon bureau de demain – 2013). Par ailleurs, on peut mentionner une révolution qui « libère » le champ des possibles : la technologie. Ainsi le bureau virtuel, longtemps annoncé, devient une réalité accessible à tous : appareils mobiles (tablettes, smartphones, objets connectés), réseaux hauts-débits (4G, fibre, Wifi) et services en ligne (cloud computing, etc.)

Alors à quoi ressemblera notre futur bureau, ou plutôt… notre futur « environnement de travail » ?

Il pourrait se définir autour de cinq caractéristiques.

  • Il sera multi-localisé : siège ou bureaux satellites de votre entreprise, transports, domicile, tiers-lieux.
  • Au siège, il sera organisé « par activité » : espaces multiples consommés à la carte (poste de travail, salle de créativité, salle de réunion, salle de télé-présence, salon de réception, showroom, salle de déjeuner…), très bien équipés, en libre-service ou pouvant être réservés de n’importe quel endroit. Comme dans les centres commerciaux, vous vivrez (ainsi que vos visiteurs) une nouvelle expérience qui sollicitera vos cinq sens, marquée par la qualité de service et la marque (accueil personnalisé, concierge, restaurants multiples…).
  • L’environnement de travail sera aussi « responsable » : qualité de vie, confort, ergonomie, consommation d’énergie réduite, fournisseurs locaux de proximité…
  • Il sera « connecté » : toutes les surfaces seront autant d’espaces collaboratifs tactiles. L’immeuble intelligent interagira avec vous, adaptant par exemple le confort aux données collectées en temps réel.
  • Enfin, cet environnement sera « ouvert », car l’entreprise sera étendue, y travailleront en plus des salariés, des indépendants, partenaires, sous-traitants, étudiants, chercheurs… dans un processus d’innovation commun. »

Ghislain Grimm, directeur du pôle Consulting chez AOS Group, en charge de la recherche et développement, de la prospective et des alliances stratégiques

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Publié dansEconomieManagement