ÉconomieEntreprises

Nico de Soto: “pour les bars, le plus difficile sera de regagner la confiance des clients”

2 min de lecture
Danico - Bar à cocktails - Paris

Que ce soit pour les marques de Maison Ferrand ou pour ses abonnés (12 000 followers sur Instagram), Nico de Soto met à profit le temps offert par le confinement pour mixer davantage et faire connaître ses talents de DJ. Pourtant, le propriétaire et beverage director des bars Danico à Paris, Mace à New York et Kaido à Miami doit composer, comme tout chef d’entreprise du secteur, avec la fermeture des établissements et l’incertitude pour la suite. Son activité de consulting est également en stand-by. Il revient sur cette période délicate.

Nico de Soto - Bartender - Danico - Mace - Kaido

Comment s’est déroulée la fermeture progressive de vos bars?

La semaine précédant le confinement, nous étions certains que nous allions devoir fermer à Paris. A New York, la capacité de Mace a été réduite de moitié à partir du vendredi 13 mars, même si les bars étaient déjà tous beaucoup moins fréquentés. Le bar a fermé aux alentours du 20 mars. En Floride, le bar a fermé quelques jours plus tard. Une trentaine de personnes sont concernées au total. Aux Etats-Unis, on ne sait pas combien de temps le staff aura droit au chômage. Comme celui-ci est basé sur le salaire, il est faible, puisque l’essentiel de la rémunération provient des pourboires. On a créé des t-shirts à l’effigie de Mace, pour le personnel. Nous avons mis en place une cagnotte sur Go Fund Me, mais ça ne remplace pas un salaire. A Paris, les équipes sont au chômage technique.

De quelle manière vous préparez-vous à la reprise?

On va rouvrir avec des restrictions qui vont être horribles, avec des masques, des gants, 1 mètre de distance, l’ambiance sera glauque… Qu’est-ce qui coûte le plus cher à l’entreprise : rester fermé, ou bien ouvrir et perdre de l’argent ? Il nous faudra maintenir la qualité du service et nous adapter (commandes sur téléphone, au comptoir…) Nous travaillons déjà sur plusieurs pistes. Il va falloir regagner la demande des clients, ce qui va demander énormément de travail. Il faut par ailleurs renégocier les loyers et les baux, qui ne peuvent pas continuer à monter.

Redoutez-vous l’impact de la chute du tourisme?

A la suite de classements tels que le 50 Best, des bars comme Candelaria, Little Red Door ou Danico ont reçu énormément de touristes, notamment américains, surtout en début de soirée. Il ne faut pas oublier que le tourisme constitue une part importante de notre business. A New York, beaucoup d’établissements ont jusqu’à 35% de clients étrangers. Il ne se passait pas de journées sans que nous recevions des clients qui ne nous connaissaient pas !

Comment entrevoyez-vous la suite?

J’entrevois deux grosses années où ça va être dur. Ceux qui sont arriveront à se maintenir hors de la tête de l’eau, ce sera bien pour eux, mais ce sera galère. A Paris, les annonces pour des locaux disponibles en hôtellerie-restauration ont doublé en un mois, et ce n’est que le début. On ne sait pas non plus dans quelles conditions l’industrie des spiritueux va reprendre.

Photo: agence En Place

3229 articles

A propos de l'auteur
Journaliste dans la presse professionnelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
Articles
A lire également
La sélection de la rédaction

HÔTELLERIE – À Bordeaux, l’InterContinental - Le Grand Hôtel diversifie ses concepts de bars et ses expériences de dégustation

À Bordeaux, l’offre bar de l’InterContinental – Le Grand Hôtel, s’organise autour de trois espaces complémentaires. De l’Orangerie au rooftop en passant par le Victor, l’établissement structure chaque moment de consommation avec des cartes mêlant classiques revisités et collaborations.
La sélection de la rédaction

BAR À COCKTAILS — À Paris, le Gentlemen 1919 repense sa carte pour séduire une clientèle plus large

Porté par une clientèle fidèle d’amateurs de spiritueux bruns, le Gentlemen 1919 fait évoluer son offre. Le speakeasy du 8e arrondissement de Paris introduit une nouvelle carte plus accessible, marquée par l’arrivée de profils fruités, de créations sans alcool et d’une ouverture à de nouveaux usages, notamment en journée.
La sélection de la rédaction

BAR À COCKTAILS – AveK, à Paris, renouvelle sa carte en prolongeant l’esprit réconfortant des saveurs d’hiver… jusqu’à l’été

Le bar AveK, dans le 2ᵉ arrondissement de Paris, dévoile sa nouvelle carte de cocktails, qui prolonge l’hiver avec sept créations originales. Noisette, pistache, épices ou fruits, chaque drink se positionne sur le créneau de la gourmandise et du réconfort.

Recevez nos prochains articles par e-mail

Abonnez-vous à notre newsletter

1 commentaire

Les commentaires sont fermés, mais vous pouvez nous contacter par mail depuis notre page A propos.