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Les défis qui attendent les DRH

Une enquête met en exergue les tensions qui peuvent être ressenties dans les entreprises.

L’émotion suscitée par la vague de suicides au sein de France Télécom et d’autres grandes entreprises – leur cas étant plus propice à une médiatisation – a marqué l’actualité sociale de ces dernières semaines. L’obligation faite aux entreprises de plus de 1.000 salariés d’engager ou de conclure des négociations sur la prévention du stress au travail, et les actions de prévention destinées aux PME, ont pour objectif d’apporter une réponse adaptée à la détérioration du climat social dans les entreprises. 40 % des DRH indiquent que depuis un an le niveau de stress a « un peu augmenté » dans leur firme.

Si, selon l’enquête annuelle menée par la Cegos, 68 % des salariés se déclarent globalement satisfaits de leur travail, de nombreux points plus sensibles sont mis en exergue. Le manque d’effectifs et l’inégale répartition du travail font partie de ces problématiques. Seuls 13 % des salariés sondés estiment qu’au sein de leur service, l’effectif est adapté à la charge de travail. A noter que l’enquête prend en compte aussi bien les petites que les grandes structures, aux moyens différents.

Le management est remis en cause de façon particulièrement sévère. « Moins d’un salarié sur deux se sent soutenu par son manager », explique le cabinet. La prise en compte des idées et la reconnaissance accordée aux salariés sont toutefois des points sur lesquels un consensus peine à se former. 49 % des DRH sondés estiment que les collaborateurs font confiance à leurs managers, tandis que seuls 33 % des salariés se sentent soutenus par leurs managers. La position délicate du middle management, pris en étau entre un groupe de salariés et les dirigeants de l’entreprise, n’est toutefois pas abordée.

Les salariés réceptifs au durcissement des conflits

Les conflits sociaux ayant récemment émaillé l’actualité sont aussi représentés dans l’enquête. Des modes d’expression de plus en plus spectaculaires, apparaissent comme un des éléments les plus frappants de la crise. 66 % des salariés comprennent les actions extrêmes suscitées, un taux qui s’élève à 49 % chez les directeurs des ressources humaines. Même s’ils sont sensibles à la question, 69 % des salariés pensent que ce type d’actions ne se reproduira pas dans leur entreprise. Il ne semble donc pas avoir une banalisation de ce mode de revendications, contrairement aux craintes qui ont pu être exprimées.

Concernant les salaires, les décisions s’annoncent de plus en plus difficiles à expliquer. La médiatisation de cas d’entreprises pratiquant des baisses de salaires ou gelant de manière massive ces derniers, à l’échelle d’un groupe. La totalité des grandes entreprises américaines incluent dans un grand nombre de contrats des parts variables, véritables marges de manoeuvre légales et sans risque apparent pour l’entreprise. 64 % des salariés craignent un blocage des rémunérations en 2010.

Les enjeux actuels en matière de ressources humaines ne semblent donc pas seulement guidés par la crise, mais également par des problèmes afférant à l’organisation même du travail.

Enquête menée entre le 7 et le 18 septembre 2009 auprès d’un échantillon national représentatif de 2 000 salariés, et de 172 DRH et RRH d’entreprises de tous secteurs d’activité.

Publié dansActualité socialeConférences & documentsSociété