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L’ISR en quête de reconnaissance

La prise en compte de critères ESG par les sociétés de gestion souffre d’un manque d’information.

Notion seulement financière, l’investissement socialement responsable (ISR) ? Non : extra-financière. 64% des Français, selon un sondage réalisé par Ipsos, indiquent par ailleurs ne jamais en avoir entendu parler… C’est dans ce contexte que le ministère de l’Écologie – démarche particulièrement originale – propose, avec le Forum pour l’investissement responsable, à compter de ce lundi, une semaine dédiée à la question.

Cette enquête met en exergue un véritable manque d’information sur cette thématique, 75% des sondés estimant que celui-ci pourrait les dissuader d’investir. Il s’agit donc, pour les acteurs de la finance, de poursuivre leur travail d’explication sur l’investissement socialement responsable, d’autant plus que le principe semble convaincre : 36% des sondés se déclarent « très tentés » par une approche ISR dans laquelle certaines entreprises sont exclues du fonds en raison de la nature de leur activité.

« Le consommateur veut être responsable mais il ne sait pas comment l’exprimer dans ses actes ; il est en demande d’information. Il en est de même pour l’investisseur », explique Nathalie Kosciusko-Morizet aux Echos. L’ISR n’en demeure pas moins une réalité indéniable dans le secteur : fin 2010, les encours ISR détenus par la clientèle française s’élevaient à 68,3 milliards d’euros, en hausse de 35% sur un an.

Des approches différentes

La multiplicité des critères pouvant être agrégés par ce concept figure parmi les points de crispation entre sociétés de gestion, fonds d’investissement et entreprises. « Dans l’appellation, Social est synonyme de militantisme, voire de « lutte des classes » et introduit un biais dans la perception de ce type d’investissement », pointe du doigt, dans le même quotidien, Bertrand Fournier, du Forum pour l’investissement responsable, une organisation de professionnels.

Différentes approches sont en effet déployées par les gérants pour garantir le respect de critères ESG (environnementaux, sociaux, et de gouvernance), partiellement ou totalement. Le « broad » ISR privilégie la première option, en se focalisant sur des entreprises se démarquant dans le cadre de leur politique environnementale, sociale ou de gouvernance, tandis que le « core » ISR se propose d’englober ces trois aspects. La filiale spécialisée de la Caisse des Dépôts Novethic vient ainsi de décerner des « labels » à des Sicav et des Fonds communs de placement expliquant de manière claire leurs critères de sélection.

Le Grenelle de l’environnement pourrait, dans les prochains mois, permettre une mise en lumière plus forte de l’investissement socialement responsable, en obligeant les sociétés de gestion à faire part, sur leur site Internet et dans leur rapport annuel, de la place accordée, dans leur politique de vote et d’investissement, aux critères ESG. Un nouveau texte – l’article 224, en l’occurrence – qui s’ajoutera aux nombreuses initiatives prises dans la profession.

Publié dansInvestissementMarchés et finance