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Green business: retour en grâce pour les valeurs vertes

Chaque mois, focus sur l’actualité du green business. La crise financière a occasionné d’importantes pertes sur le front des valeurs liées à l’environnement. L’effet des différentes initiatives gouvernementales facilite leur remontée.

Après avoir traversé une période délicate ces derniers mois, les valeurs vertes semblent en passe de revenir sur le devant de la scène, sous l’effet des premiers signes de la reprise économique et de l’avancement des plans de relance. « Ce sont les valeurs vertes qui ont le plus souffert ces derniers mois. Elles ont subi de plein fouet la crise financière et la baisse brutale du prix du pétrole, qui est passé de 140 à 40 dollars », témoignait récemment au Journal des Finances Stéphane Le Gall, gérant chez Federal Finance. Les fonds spécialisés ont subi ces turbulences, et sont en passe de s’imposer aujourd’hui comme des placements d’avenir.

Les investissements verts compris dans les plans de relance de quinze grands pays représentent plus de 432 milliards de dollars (341 milliards d’euros), dont la moitié devrait être allouée dès cette année selon une étude de la banque HSBC : après les doutes liés à la crise, les actions commencent enfin à porter leurs fruits. Les différentes mesures mises en place depuis plusieurs années entrent également en ligne de compte : le cabinet de conseil Boston Consulting group estime que le Grenelle de l’environnement devrait déboucher, en France, sur 450 milliards d’euros d’activités économiques d’ici à 2020. Par ailleurs, de nouveaux comportements, plus responsables, émergent à la faveur de la crise.

Faute de voir rapidement les effets de leurs investissements, de nombreux actionnaires se sont détournés, au plus fort de la crise, des valeurs liées à l’environnement. Les technologies exigent des temps de développement particulièrement longs, mais font l’objet d’un soutien fort de la part des différents gouvernements, entre les moyens financiers levés en faveur de la relance et les actions plus classiques tels que les concours, appels d’offres ou mesures fiscales.

198 milliards de dollars ont été mobilisés par la Chine dans ce domaine, où 34 % des fonds dédiés à la relance sont alloués à l’environnement : les pays émergents, potentiels marchés, s’engagent également dans de domaine. L’impact de la multiplication des normes et règlements influe également sur la tenue des valeurs vertes : pas moins de  250 nouvelles réglementations ou politiques ont vu le jour depuis juillet 2008 à travers le globe.

Une évolution des comportements

Des difficultés de financement subsistent toutefois, les grands groupes bénéficiant d’une prime à la notoriété et aux partenariats : « il est clair que des sociétés comme EDF EN et Séchilienne Sidec devraient plutôt mieux tirer leur épingle du jeu du fait de leur surface financière, de leur présence internationale et d’un actionnariat qui peut être bénéfique en termes d’image, surtout pour EDF EN », indique aux Echos Jean-François Granjon, analyste chez Oddo Securities. Séchilienne Sidec maintient son projet d’implantation d’une centrale solaire dans chaque région en trois ans, le spécialiste de l’éolien Vestas poursuit sa progression malgré de récentes coupes sur l’emploi, et Poweo, dont l’objectif est de produire à terme 25 % d’énergie d’origine renouvelable, pourrait bénéficier de la montée de l’autrichien Verbund dans son capital.

Le passage au vert engagé par les consommateurs devrait également profiter aux firmes du secteur, la crise confortant l’installation de comportements plus responsables et davantage portés sur le « mieux consommer » que l’objectif de consommer toujours plus. Cette philosophie est confirmée par l’enquête Greendex menée dans dix-sept pays : 53 % des consommateurs se disent concernés par l’environnement. Dans le domaine des installations, les nombreux crédits d’impôts et avantages fiscaux liés aux équipements verts permet de concilier finances et environnement, une dualité qui semble essentielle pour réussir cette montée en puissance d’une attitude tournée vers les économies d’énergie et l’environnement.

L’introduction en Bourse, mi-mai, de CPC Solabios, une PME spécialisée dans l’installation de toits solaires, constitue un exemple probant de ce retour en grâce des valeurs vertes.

Publié dansEconomieMarchés et finance