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Green business: le retour contrarié des cleantechs

Mis à jour le 20 avril 2011

Les éco-technologies suscitent l’attention des investisseurs, qui surveillent cependant le recul des subventions massives jusqu’alors accordées dans de nombreux Etats.

Après la crise, la reprise des investissements verts. Selon l’Association française des investisseurs en capital, les investissements dans les technologies vertes se sont accrus de 55% en France entre 2009 et 2010 (à hauteur de 262,6 millions d’euros pour cette année). On observe toutefois un léger recul du nombre de deals sur l’année 2010, selon les données communiquées par le site spécialisé Green Univers.

Les énergies renouvelables et les transports sont au centre de l’attention des investisseurs, selon le rapport, qui souligne également les belles perspectives offertes aux acteurs de l’efficacité énergétique. Ce sont donc des choix pragmatiques – des secteurs connus tels que l’éolien ou le véhicule électrique – et audacieux – miser sur les réseaux intelligents ou l’informatique « verte » (green IT) – qu’ont effectué les fonds.

Sur l’ensemble de l’année 2010, à l’échelle mondiale, pas moins de 31 milliards d’euros ont été investis dans les cleantechs, les introductions en Bourse étant à l’origine des sommes levées. Ce processus a notamment été suivi par de nombreux groupes chinois, parmi lesquels China Datang Renewable Power, second développeur éolien. La filiale spécialisée dans les énergies renouvelables de l’énergéticien italien Enel, Enel Green Power, s’est elle aussi lancée à l’assaut des marchés, avec un succès mitigé. En France, l’entreprise exploite sept parcs éoliens, et prévoit de parvenir à terme à une capacité de 500 MW. Iberdrola (Espagne) et EDF Energies nouvelles (France) avaient, il y a quelques années, impulsé la tendance.

Menaces et opportunités

Durant la crise, les technologies vertes ont figuré parmi les rares secteurs a avoir maintenu un niveau honorable de levées de fonds, la pression réglementaire jouant en faveur des technologies vertes. Le bâtiment, poussé par la nouvelle réglementation thermique RT 2020, figure parmi les branches les plus concernées par les innovations dédiées à l’optimisation de la performance énergétique, le concept de bureaux « verts », dans l’immobilier tertiaire, étant en plein développement. Bouygues Immobilier s’apprête notamment à livrer son premier bâtiment à énergie positive sous la marque Green Office, le photovoltaïque et la biomasse étant au centre du dispositif.

Le solaire traverse pour sa part, en France, par exemple, une passe difficile compte tenu des modifications apportées à l’intervention de l’Etat (crédit d’impôt et rachat de l’électricité par EDF). L’abaissement programmé de 20% des tarifs de rachat suscite la colère du Syndicat des énergies renouvelables, pour qui 25.000 emplois sont menacés. Les restrictions de subventionnement du secteur photovoltaïque, qui ne concernent pas que l’Hexagone, sont à l’origine du recul du prix des composants des panneaux et de ces derniers. En France, trois baisses successives des tarifs de rachat ont affaibli la filière, courtisée par des investisseurs étrangers s’intéressant au potentiel de quelques PME spécialisées, selon les informations de La Tribune.

L’éolien se heurte quant à lui à des difficultés croissantes d’implantation, les conditions de développements de parcs ayant été durcies en France. L’opposition des riverains – notamment sur le plan du bruit et de la pollution visuelle générés par les hélices et leurs mâts – n’y est pas étrangère. Les éoliennes dépendent désormais des « Installations classées pour la protection de l’environnement », au même titre que des usines ou des carrières par exemple. De plus, au moins 5 machines doivent être implantées dans chaque parc crée. Le secteur bénéficie toutefois d’un tarif d’achat garanti de 8,2 centimes d’euros/kWh pendant dix ans, par la suite dégressif.

L’implication de grands groupes industriels dans le développement d’éco-activités ou de services ayant pour finalité une réduction de l’énergie fossile consommée, en particulier dans l’automobile, représente une opportunité pour la promotion de ces technologies, leur intérêt étant encore remis en question par de nombreuses firmes en raison de leur coût. La réglementation et la demande des consommateurs incitent toutefois les entreprises à s’emparer de cette question.

Publié dansInvestissementMarchés et finance