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Green business: le financement du photovoltaïque en question

Chaque mois, focus sur l’actualité du green business. Les nouveaux tarifs de rachat de l’électricité photovoltaïque contraignent les professionnels à rechercher d’autres sources de financement et des débouchés.

Quelques mois après l’introduction en Bourse de CPC-Solabios, sa holding, Solabios Holding 2009, a levé trois millions d’euros au terme de l’offre publique s’étant déroulée en novembre-décembre. Profitant de la loi Dutreil, qui permet une réduction d’impôt sur le revenu de 25% du montant des sommes investies dans le capital de petites et moyennes entreprises, la firme s’est lancée dans cette activité de holding qui lui permettra de financer un programme de construction de centrales photovoltaïques dans le Sud, par le biais d’installations sur les toitures, louées à des particuliers.

Cette levée de fonds illustre l’intérêt toujours fort pour les cleantechs, et ce en dépit de la récente crise économique. La filière photovoltaïque a néanmoins été l’objet de nombreuses questions ces dernières semaines, les tarifs de rachat de l’électricité par EDF, fixés par le gouvernement, ayant été abaissés. L’objectif était notamment d’enrayer la spéculation autour de cette manne financière… L’afflux de demandes a été contenu en dernière minute. En Allemagne, les tarifs de rachat ont pour leur part davantage reculé que prévu, provoquant le mécontentement des entreprises du secteur.

Le dispositif mis en place par Solabios permet, a contrario, aux particuliers de tirer parti plus simplement du développement du photovoltaïque par le biais d’un investissement indirect au capital d’une entreprise en pleine expansion. « Avec la levée de fonds, nous aurons la capacité d’installer 3 à 4 MW. Compte tenu du tarif de rachat d’électricité, nous pensons pouvoir servir un rendement de 7 à 9 % par an », expliquait en novembre dernier au Journal des Finances son président, Frédéric Errera. Face à ce succès, d’autres firmes pourraient suivre cette voie.

Surfaces cultivables contre panneaux solaires

Le développement de l’énergie solaire passe également par des contrats directs avec des propriétaires fonciers, parmi lesquels les agriculteurs, possédant souvent de larges terrains pouvant être difficiles à rentabiliser ou susceptibles de générer un complément de revenus. En Languedoc-Roussillon, région la plus ensoleillée et la plus viticole de France, le mouvement est déjà en marche.

« La tentation est grande pour les agriculteurs concernés, mais il existe des centaines de projets rien que dans notre département. Notre rôle est d’en avertir les agriculteurs, mais aussi de protéger les terres cultivables », indique au Figaro François Chapelle, directeur de la chambre d’agriculture du Gard. La surface agricole cultivable est déjà passée de 34,4 millions d’hectares en 1950 à 29,3 millions l’an dernier, une évolution principalement due aux mutations sociétales et économiques, mais aussi aux difficultés traversées par les exploitants. Le compromis actuellement de mise consiste à recouvrir les bâtiments et les hangars, une piste entravant toutefois le développement de fermes solaires de haute capacité.

Les restrictions récemment engagées sur les tarifs de rachat visaient notamment les bâtiments agricoles, ayant figuré parmi les premiers objets d’investissement. La grille des nouveaux tarifs provoque toujours le mécontentement des acteurs, comme en témoigne au Journal de l’Environnement Jérôme Galban, directeur d’AE 3000 : « la rétroactivité va épurer notre carnet de commandes pour les 6 mois à venir! Cela remet en cause la pérennité de nos entreprises ». Dans ce contexte d’incertitude, marqué par les piètres résultats du fabricant allemand de cellules solaires Q-Cells, un des débouchés pour la filière réside dans l’amélioration du rendement des installations.

Un nouveau produit, baptisé Transclinic et commercialisé par Weidmüller, permet ainsi de détecter d’éventuels défauts et de réaliser un travail de prévention. Une future voie de développement pour les industriels du secteur ?

Publié dansInvestissementMarchés et finance

1 commentaire

  1. Suite à cet article, la société Solabios souhaite apporter quelques précisions afin d’éviter certains amalgames.
    Tout d’abord, Solabios n’installe jamais de centrales d’énergie photovoltaïques sur des terres cultivables. Nous utilisons uniquement du bâti ou en intégration sur des toitures.

    Sur la politique des tarifs, Solabios c’est largement exprimé, cela n’a pas d’impact pour nous, car nous avions préparé et anticipé cette baisse du tarif de rachat de l’énergie produite par EDF
    Aujourd’hui, pour palier les baisses de tarif de rachat, Solabios poursuit deux axes : baisser les coûts d’installation et trouver des sites qui seront plus rentables en production d’énergie.

    Pour le premier trimestre 2010, Solabios met en œuvre de nombreux chantiers de production de centrales d’énergie photovoltaïque.

    – Serra di Fiumorbo (Corse); 600m2, 80 kw; mise en production prévu en mars 2010
    – Beaucaire (30); 500m2, 70 kw; mise en production prévu en juin 2010
    – Montfavet (84); 750 m2, 100 kw; mise en production prévu en juin 2010
    – Coulon (79); 4000m2, 546 kw; mise en production prévu en juin 2010
    – Coueron (44); 600m2, 80 kw; mise en production prévu en juin 2010

    Solabios avait anticipé cette baisse tarifaire, et avait tout au long de l’année 2009 préparé ces nouvelles dispositions gouvernementales.
    Solabios a aujourd’hui une réserve de plus de 60 000m2 de projets en toiture à réaliser et l’équivalent en cours de négociation active pour les mois à venir; ce qui lui permet de renforcer sa compétitivité sur le marché des centrales de production d’énergie photovoltaïque clés en mains et de maintenir ses engagements pris en matière de contrats commerciaux avec ses investisseurs.

    Cordialement.

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