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Xynthia: après la tempête, les questions

Tempête la plus meurtrière depuis 1999, Xynthia a provoqué de larges dommages dont la réparation s’annonce longue et difficile. Les conséquences de cet événement climatique permettent d’envisager une série de questions de nature économique, englobant aussi bien les politiques à long terme que l’impact de cette tempête sur l’activité. Particuliers, entrepreneurs et collectivités touchés sont engagés dans un processus d’indemnisation dont les contours sont encore à définir.

Le rétablissement de l’électricité encore incertain

Sauf nouvel événement climatique, le rétablissement de l’électricité devrait, selon le distributeur d’électricité ERDF, être assuré mercredi soir pour 80% des foyers. De source officielle, 1,3 million de foyers ont été touchés au plus fort des événements. ERDF doit, en vertu de ses prérogatives de service public, réalimenter 90% des clients dans un délai de cinq jours. La question de l’enfouissement du réseau, déjà posée après les tempêtes de 1999 et de 2009, refait surface. 39% seulement du réseau basse et moyenne tension est enfoui, contre une moyenne de 80% en Allemagne.

Indemnisation : vers des mesures exceptionnelles

La ministre de l’Economie Christine Lagarde appelait dès dimanche à « les assureurs à une mobilisation exemplaire afin d’accélérer les procédures d’indemnisation et de réparation ». Trois millions d’euros sont d’ores et déjà débloqués dans l’objectif d’aider les victimes à faire face aux dépenses immédiates. Les modalités d’allocation de cette somme devraient rapidement être précisés. De nombreux assureurs ont repoussé le délai légal de cinq jours relatif à la déclaration de sinistre.

Les entrepreneurs touchés doivent pour leur part faire jouer leur assurance perte d’exploitation, la publication des arrêtés de catastrophe naturelle permettant de déclencher, selon les contrats, une batterie de clauses. Une baisse ou une cessation d’activité causée par une affectation des moyens de production devra être prouvée, les compagnies d’assurance étant en train de mettre en place des cellules dédiées aux entreprises. Lors de la précédente tempête ayant affecté la France, Klaus, au 30 janvier 2009, 740.000 sinistres avaient été enregistrés pour une somme globale de 1.680 millions d’euros.

Les autorisations de construction en question

« A la Tranche, j’ai toujours refusé aux promoteurs le droit de construire sur des zones dangereuses. On a toujours lutté contre l’érosion de la dune, on n’allait pas les laisser construire » se défend, dans une interview accordée à 20Minutes.fr, le maire de la Tranche-sur-Mer, Serge Kubryk. La gestion des constructions en bord de mer est au cœur du bilan de l’après-tempête, aux plans d’occupation des sols s’ajoutant les nombreuses autorisations d’édification toujours plus près des cotes.

Les digues ou dunes, selon les villes, n’ont pour la plupart pas résisté, remettant en cause ce système essentiel pour la sécurité des polders, situés sous le niveau de la mer. Certaines communes avaient déjà engagé l’instruction d’un plan de prévention des risques, caractérisé par une typologie des zones constructibles.

Cette tempête met par ailleurs en exergue la question de l’indemnisation des risques liés au changement climatique, 770 événements par an en moyenne, sur ces dix dernières années, étant considérés comme des catastrophes naturelles.

Publié dansEconomiePolitique éco