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Avec ses cognacs bio, A. de Fussigny repart à la reconquête des consommateurs

3 min. de lecture
Cognac bio Pure Organic - A. de Fussigny

Même si le bio peine à exister sur l’appellation Cognac, la maison A. de Fussigny, présente sur le segment depuis vingt ans, ne baisse pas les bras. Elle refond sa gamme Pure Organic et ambitionne même de capter de nouveaux consommateurs.

« Capter une nouvelle clientèle en choisissant de fédérer celle déjà existante », tel est le pari de A. de Fussigny. En novembre, la maison de cognac mettra sur le marché une nouvelle version de sa gamme Pure Organic : son VSOP issu de l’agriculture biologique, lancé en 2001, sera rejoint par un VS et un XO. « Dans le cognac, le bio est quasiment inexistant et ne représente toujours, vingt ans après et malgré le développement du vignoble, que 1% de la production. Certains viticulteurs vendent leurs récoltes bio comme du conventionnel auprès de grandes maisons », regrette Thomas Gonon, président.

Avant de convertir en bio, en février 2022, sa vodka Summum, A. de Fussigny s’emploie donc à travailler sur le cognac. « Les grandes marques se sont désengagées du marché français, sur lequel les consommateurs se sont tournés vers les rhums et les whiskies. A notre échelle, nous essayons de contribuer à la reconquête des spiritueux français sur leur territoire », poursuit Thomas Gonon, à la tête d’une entreprise de vingt salariés, qui a généré 12 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020 et produit 1,5 million de bouteilles, à parts égales entre le cognac et la vodka. 99,26% du chiffre d’affaires reste néanmoins réalisé à l’export.

Une gamme augmentée

Séduire les consommateurs français passera donc par le bio, avec des cognacs produits à partir de vins en ugni-blanc. La maison travaille avec des viticulteurs et des distillateurs. Le lancement majeur de la gamme Pure Organic réside dans le VS (minimum deux ans de vieillissement), « très clivant », de l’aveu même de ses créateurs. Un produit très proche des codes de l’apéritif, conçu pour ce moment de dégustation, accompagné pour l’exemple de pièces à la carotte et au saumon gravlax lors d’une présentation. Pour l’ensemble de ses références, l’entreprise de Cognac (Charente) travaille avec des eaux-de-vie quasi-exclusivement issues de Grande Champagne et de Petite Champagne.

Le VSOP présente des notes de jasmin, de fruits (pêche, abricot) au nez ; ainsi que des notes d’agrumes en bouche. Pour le XO, place, en bouche, à des notes de noisette et de thé noir (en dégustation, avec des pièces au chocolat et au chou caramélisé). 2000 bouteilles seront produites, dans un premier temps, pour chaque référence. La refonte de la gamme Pure Organic s’accompagne d’un travail sur le packaging, sans boîte extérieure, avec un bouchon recyclé, recyclable et biodégradable (qui accompagnera d’autres références) sur une bouteille plus légère.

Des idées cocktails (et bio)

Arnaud Chevalier - Barman Cocktail bio au cognac - A. de Fussigny Cocktail bio au cognac - A. de Fussigny

Le lancement de cette gamme s’accompagne de la création d’idées cocktails par le bartender et consultant bordelais Arnaud Chevalier, qui s’est approvisionné pour l’occasion dans un magasin bio. Son cocktail au VS, « Végétal et local », au verre décoré grâce à du miel du Périgord, associe une pointe de stevia, du kombucha, de la camomille et bien entendu du cognac. « Tropical et équitable », le cocktail au VSOP (avec de l’essence de vanille bio sur le verre) se compose de fleur de coco, de cognac et d’eau de coco pure. « Bio et XO », enfin, avec du sirop d’érable, de l’élixir herbacé (apéritif) de la maison Ferroni, et de la figue.

« Le fait d’être bio ne rend pas un spiritueux meilleur ou moins bon, mais de plus en plus de consommateurs veulent connaître les conditions de fabrication de ce qu’ils boivent », estime Thomas Gonon. Un moyen de tordre le cou à l’idée selon laquelle le bio n’est pas un argument marketing dans cet univers.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

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A propos de l'auteur
Journaliste dans la presse professionnelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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