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Les astuces d’Epicery pour relier les commerces de bouche aux urbains connectés

« Bien manger, mieux vivre », tel est l’un des claims d’Epicery. La plateforme, lancée en octobre 2016, propose à ses clients de faire leurs emplettes au sein des commerces de proximité. Implantée dans 23 villes, principalement dans les agglomérations de Paris et de Lyon, Depuis fin 2017, Epicery compte Monoprix parmi ses actionnaires. Edouard Morhange, cofondateur et CEO, nous présente l’actualité de la start-up parisienne (15 personnes).

De quelle manière votre parcours dans le numérique vous a conduit à lancer Epicery ?

Edouard Morhange ─ Je suis entrepreneur dans différents secteurs du numérique depuis 25 ans, dans le CD-Rom, le Web (Monsieur Cinéma) puis un site de speed dating, avant de poursuivre dans une agence de communication digitale. J’ai ensuite travaillé chez Slow Food puis à la fondation Jamie Oliver. Lorsque j’ai eu des enfants, j’ai souhaité au début des années 2000 me mettre à la cuisine et privilégier les produits frais. A la création d’Epicery, nous étions au début de la food delivery. Est-ce que ce modèle serait applicable à des commerçants qui vendent des produits ultra-transformés ? Nous proposons aux internautes de commander chez les commerçants de leur ville, au même prix, avec une livraison dans l’heure pour 2,90 euros (boucher, poissonnier, primeur…)

Quelles sont les spécificités du site ?

Epicery est une solution pour les gens qui souhaitent mieux manger, avec des produits de qualité directement issus des commerçants de votre quartier. En fonction de l’adresse, des commerçants apparaissent dans un rayon de 3 kilomètres. On constitue son panier sur le site, puis Epicery envoie le contenu de la commande sur une tablette installée chez les commerçants. Ces derniers peuvent aussi mettre à jour leurs stocks et leurs prix. Notre algorithme de dispatch va analyser en fonction de la fragilité, de la distance à parcourir, de la conservation… le meilleur mode de transport (sac à dos de livreur, cargo bike, piéton, scooter électrique). Nous travaillons avec différentes sociétés de courses, connectées en API. Nitre panier moyen s’élève à 62 euros. De 7000 à 8000 paniers sont livrés chaque mois. Nous représentons 5% à 7% du chiffre d’affaires des commerçants alimentaires référencés chez Epicery.

Comment résolvez-vous les difficultés de livraison ?

Nous sommes implantés dans 23 villes en France, principalement à Paris et sa petite couronne, et Lyon et sa banlieue. Les distances à parcourir sont plus grandes pour livrer en France, et la densité de commerçants plus faibles. Nous avons conclu en décembre 2017 un accord avec le groupe Monoprix : nous communiquons sur leur base de clients encartés, et nous utilisons leur savoir-faire logistique (4,5 millions de livraisons par an). Monoprix et Naturalia sont intégrés chez Epicery. D’ici à dix-huit mois, l’idée est de lancer une marketplace pour rajouter les produits des commerçants de proximité dans un périmètre de 1 km autour des magasins, avec une livraison unique. L’objectif est d’aller s’interfacer sur les outils de Monoprix, et du coup de se déployer sur des villes moyennes.

« Nous digitalisons les marchés »

De quelle manière étoffez-vous l’offre ?

Nous venons de lancer une offre pour les marques alimentaires. Nous avons beaucoup développé les produits frais, mais les produits d’épicerie fine ne représentent pas une grosse partie de notre activité. Nous avons crée un onglet pour les marques, afin de faire notamment des ventes privées. Une quarantaine de marques sont référencées. Pendant quinze jours, une réduction sur les produits est appliquée, avant de pouvoir les retrouver chez les commerçants. Avec Bacardi-Martini, nous avons travaillé sur Fiero, une réponse aux boissons de type Aperol. Nous avons référencé cette box édition limitée dans une dizaine de traiteurs italiens, livrée dans l’heure chez les consommateurs avec les produits italiens qui peuvent l’accompagner. Autre nouveauté, on digitalise les marchés, comme le marché d’Aligre, le marché Saint-Quentin… souvent à des tarifs moins chers qu’en boutiques. Des opérations de street marketing embarqué dans le panier sont également lancées.

Quels sont vos objectifs de développement ?

Nous continuons de nous développer très fortement à Paris et dans sa petite couronne : +15% par mois. Nous sommes sur un modèle traditionnel de marketplace, où la transaction est opérée par Epicery pour le compte du commerçant, moyennant 25% de commission. Notre objectif est d’arriver à l’équilibre en 2020. Dans le secteur de la food delivery, peu d’acteurs arrivent à la rentabilité. Nous avons levé des fonds au démarrage, avec une vingtaine de business angels. En 2017, Monoprix a pris une part minoritaire au capital. Nous avons 15.000 familles qui font appel à nous à Paris et en petite couronne, l’objectif est d’arriver à une utilisation plus mass market.

Publié dansEconomieEntreprisesServices