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Alexandre Koiransky, Fair : «l’industrie des spiritueux est en quête de sens»

Alexandre Koiransky - Fair

En 2009, Alexandre Koiransky a commencé à bousculer l’industrie des spiritueux avec Fair. « Nous valorisons les barmans, les distributeurs… mais pas ceux qui créent les produits », regrettait l’entrepreneur lors du dernier Whisky Live Paris. « Le commerce équitable consiste à rétribuer le travail à sa juste valeur », précise-t-il. Le quinoa permettant de produire la vodka, référence historique de l’entreprise, est ainsi payé 15% plus cher que la moyenne du marché. Alexandre Koiransky chiffre sa marge à 40%, « contre environ 60 à 70% dans les spiritueux haut-de-gamme ». Il nous en dit plus sur le développement de l’entreprise, qui compte douze personnes.

Comment s’est développé Fair en l’espace d’une décennie ?

Le facteur humain est la clé de notre succès. La marque Fair s’est bien développée grâce à la qualité et à la bonne entente de notre équipe. Nous partageons tous la culture du terrain et le goût des relations humaines harmonieuses. Nous croyons à la mission de l’entreprise.

De quelle manière avez-vous observé l’essor de l’intérêt des consommateurs pour le commerce équitable ?

Nous étions trop en avance, en 2009, lorsque nous avons créé la société. Les consommateurs de spiritueux haut de gamme focalisaient encore leur intérêt sur les marques uniquement, sans se soucier de leur engagement. En 2018, le besoin de « transparence et de sens » du consommateur est un mouvement puissant (pas une tendance) que l’on voit émerger partout en Europe et aux Etats-Unis. Notre marque est désormais en phase avec son temps. Le potentiel de développement est gigantesque car notre positionnement est affirmé et sans concessions, appuyé par un nom de marque explicite.

Pourquoi, selon vous, le secteur des spiritueux est en retard sur les domaines bio, équitable, local ?

L’univers des spiritueux était un univers de plaisir et d’image… Il est désormais, comme beaucoup d’autres secteurs, impacté par la nécessité de prouver son sens. Beaucoup d’initiatives émergent, notamment aux Etats-Unis, et nous pensons que le secteur aura rapidement rattrapé son retard.

Quels projets avez-vous pu lancer grâce aux sommes dégagées au moyen du commerce équitable ?

Nous participons à l’émancipation des femmes sur l’altiplano bolivien. Nous soutenons financièrement Asomar, une association qui favorise le travail des femmes tout en intégrant ces dernières aux processus de décision de la coopérative à laquelle nous achetons le quinoa. L’argent que nous leur versons est prioritairement utilisé pour acheter des machines à coudre (visant à produire des habits qui sont ensuite vendus à l’export).

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

A propos de l'auteur
Journaliste à L'Usine Nouvelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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