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BIÈRE CRAFT — Des Buttes-Chaumont aux champs du Val-d’Oise, la grande effervescence francilienne

3 min de lecture

Ces brasseries parisiennes et franciliennes bousculent les codes établis. Depuis le Paris Beer Festival, entre recettes hybrides, ajouts d’épices et retours de styles oubliés, passage en revue de brasseries qui font bouger la région.

Du côté de la Seine-et-Marne et du Val-de-Marne

A Magny-le-Hongre (Seine-et-Marne), la microbrasserie Second Degré, créée en 2020, ouvre désormais ses portes le dimanche après-midi. Elle remet en avant sa Mexican lager, Coco Loco (4,5%), à base de maïs, douce, aérienne, et franchement pintable. Autre référence marquante, la Cocosmique, une pastry sour mangue, coco, fruitée et accessible.

A Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), trois associés poursuivent l’aventure de la brasserie 3ienchs, créee en 2018 et dont le niveau de production est à un peu plus de 1000hl. “Il y a une petite dynamique de progression, avec des bars et des food courts”, La Fuzz (3,6%) est une saison au basilic, fenouil et citron vert. Très herbacée au nez, elle est portée sur le basilic en bouche. Signe de son succès, il s’agit du troisième batch de 10hl. Coup de cœur pour la Nirvanas (4,9%), une sour ananas, tonka. Nez : pâte d’amandes, impressionnant avec la tonka. En bouche, la dualité avec l’ananas est marquée.

A Fontenay-sous-Bois, l’un des piliers de la scène craft francilienne, Outland, s’est tissé une fidèle clientèle locale. La Small World (5,5%) a été réalisée en partenariat avec un brasseur japonais. Assez douce au nez, elle se distingue par l’emploi de riz et par sa robe cuivrée. La Nobody likes me (3,6%) est pour sa part une Mild (bière anglaise très légère en alcool). La bière est toastée, avec des notes de noisettes grillées.

Paris intra-muros

A Paris, désormais installée derrière le parc des Buttes-Chaumont (19ème), la Brasserie de l’Être brasse actuellement en gipsy, en attendant de disposer d’installations complètes. Pas de quoi refroidir l’enthousiasme d’Edward Jahat Delen, qui la porte depuis 2014. Il propose Yle (8,7%), une strong ale. “Au départ, je souhaitais faire une bière de Noel, mais je n’apprécie pas leurs épices, donc j’ai seulement conservé les écorces d’orange”, s’amuse-t-il. Le nez est très riche, compoté. La bouche est foncièrement épicée, portée sur l’orange.

A Paris (20ème), l’équipe de la microbrasserie Balthazar, établie sur le boulevard de Ménilmontant, cherchait à produire… “une grosse bière”: une DDH IPA (8%), une IPA qui reçoit deux ajouts de houblon à cru (dry hopping), pour bénéficier d’un profil aromatique assez intense. Pour les houblons; Motueka et Nelson Sauvin. Elle se caractérise par sa texture, avec beaucoup de grain.

A Paris (20ème), La Baleine, tenue par Bruno Torres depuis 2013, propose Fête l’amour (4,2%), une bière blanche avec du malt d’épautre, de l’hibiscus et de la noix de muscade. Très céréalière, avant une finale sur la muscade, elle présente un profil atypique qui plaît.

En Seine-Saint-Denis et dans le Val-d’Oise

A Montreuil (Seine-Saint-Denis), l’équipe de Croix de Chavaux Brewery a imaginé la Sweet Bee (5%), une bière blonde à base de miel produit localement. Le miel est introduit à la fin de l’ébuillition. Au nez, il ressort particulièrement. La bouche est légèrement amère, astringente, mais avec la buvabilité d’une lager. La robe est dorée. Finale asséchante. Mike Gilmore, l’un des brasseurs, a quant à lui mis au point… l’Open Mike (5,3%), une gose nature très réussie.

A Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), la Brasserie du Grand Paris (9 personnes) s’est remise à élaborer des bières barriquées. La Cognac Imperial stout BA (12,26%, pour être précis) présente un nez foncièrement porté sur le spiritueux. La bouche est élégante, longue, légèrement boisée. La puissance de l’alcool reste contenue.

Installée depuis deux ans et demi à Ennery (Val d’Oise), la brasserie Zenzymes est portée par Julian Devaux, Auparavant électricien, il brassait en amateur. La Smash IPA, bien houblonnée, présente une attaque douce, avant une amertume persistante en bouche. Elle est légèrement citronnée. La triple (8,5%) est, elle, très douce, sans ajout de sucre. Les bières sont livrées dans un rayon de 30 kilomètres à la ronde.

A Louvres (Val d’Oise), la Brasserie d’Orville, qui dispose d’un vaste restaurant en plus de son espace de production, et de terres agricoles, a collaboré avec le bar à bières parisien L’Atalante autour d’Onadefinitivementpasfoutugrandchose (d’un seul tenant), une gose abricot et bergamote (5,8%) taillée pour être servie en pintes et à la salinité particulièrement poussée. Pour l’été, l’équipe, qui produit 2500 hl à l’année, stocke des bières plus légères. Ici, on retrouve 10% d’abricot et 30% de bergamote dans un batch de 4000 litres. “Nous venons de fêter les huit ans de la brasserie, et nous sommes en croissance constante, avec un large réseau CHR”, se réjouit Thomas Cuillier, directeur commercial.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

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A propos de l'auteur
Journaliste dans la presse professionnelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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