L’Experimental Cocktail Club a lancé à la mi-avril sa nouvelle carte pour le printemps et l’été 2026. Toujours fidèle à son décor de la rue Saint-Sauveur, le bar propose une sélection de douze cocktails. Focus sur trois créations de la saison.
Depuis 2007, l’Experimental Cocktail Club a donné une nouvelle impulsion à la scène cocktail parisienne, et a constitué le point de départ d’un groupe bien implanté dans le secteur de l’hôtellerie restauration. Son nouveau menu de cocktails, pour le printemps et l’été 2026, a été lancé à la mi-avril. Le bar de la rue Saint-Sauveur, toujours habillé de bois et d’un éclairage tamisé, propose une carte centrée sur douze cocktails (dont deux recettes intangibles, l’Experience 1 et l’Old Cuban), avec des tarifs allant de 15 à 17 euros. Focus sur trois créations disponibles actuellement.
Rice Rice Baby

Rice Rice Baby
Afin d’introduire la dégustation dans un registre plus consensuel, Guillaume Béguin, barman, nous guide vers le Rice Rice Baby, inspiré d’un dessert d’Asie du Sud-Est, le mango sticky rice, riz gluant cuit à la vapeur, mélangé avec du lait de coco sucré, puis servi avec de la mangue. A l’ECC, le cocktail intègre un cordial de mangue, un zeste de citron vert, du verjus, du saké “pour faire le lien entre l’alcool et le riz”, du bourbon (Buffalo Trace) pour sa rondeur, une émulsion de riz, et de la coco toastée en poudre “pour balancer la gourmandise de la mousse”. Au nez, le cocktail est biscuité, pâtissier. La dimension torréfiée et toastée intrigue. La très belle mousse se compose d’eau de cuisson du riz gluant, qui contient de l’amidon. L’ajout d’agar-agar favorise sa tenue. En bouche, en attaque, le drink rappelle les sensations d’un smoothie. Il est onctueux, frais, fruité. Le saké et le verjus, asséchants, arrivent par la suite. Le bourbon, “bien présent”, se fait plutôt discret, avant une finale dense.
Mustache and Mullet

Mustache and Mullet
Changement total de registre avec le Mustache and Mullet. Un clin d’œil au précédent barman prénommé Guillaume, qui portait une coupe mulet, et à son successeur, qui porte une… moustache. Le cocktail consiste en un twist de Rapscallion, un cocktail créé en 2008 à Copenhague (pastis, PX, whisky tourbé, scotch, olive en garnish). Dans la version de l’ECC : Laphroaig 10 ans, pastis Henri Bardouin, Elisir Di Prugna (elixir de prune), blend maison (fino, Pedro Ximénez, crème Candela composée de PX et d’oloroso). Le drink est servi dans un verre à vin : “le blend de sherry est en lien avec le vin, et ce type de verrerie n’était pas utilisé sur le menu. Le cocktail ne devait pas être vu comme trop puissant”. Au nez, le whisky s’impose, avec des notes cuites, parallèlement à la rondeur des sherry, des vins fortifiés espagnols. En bouche, étonnamment, la douceur s’impose comme le maître-mot. Par la suite, le cocktail se fait plus complexe, entremêlant un côté sec et les arômes fruités de la prune. Un coup de coeur !
Barrel from the barrel

Barrel from the barrel
L’ECC propose toujours, par ailleurs, un cocktail vieilli dans un fût qui n’est pas rincé. Ce qui fait que les arômes des précédents batchs imprègnent le bois… Le Barrel from the barrel de cette saison est réalisé à partir de whisky Nikka From The Barrel, de calvados Christian Drouin, de Chartreuse jaune, de trois vermouths (Punt e Mes, Cocchi Storico Di Torino, Cocchi Rosa) et du bitter pamplemousse de Scrappy’s – l’empreinte de l’un des précédents bartenders de la maison, brand ambassador de la marque. Une recette inspirée du Fallen Lives (calvados, vermouth rouge, vermouth dry, eau-de-vie). Au nez, le zeste de citron confère au drink un aspect fruité. En bouche, après une attaque franchement costaude, l’ensemble étonne par sa douceur. Avant de repartir tranquillement vers les Halles…
37 Rue Saint-Sauveur, 75002 Paris
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
Photo: ECC
