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SPIRITUEUX – «Face au recul des exportations aux Etats-Unis et en Chine, nous devons préserver nos positions en Europe», souligne Thomas Gauthier

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La filière française des spiritueux, qui produit près de 700 millions de litres d’alcool par an, cherche à mieux valoriser son ancrage territorial et agricole. Elle doit aussi faire face à un contexte international plus tendu, marqué par le recul des exportations vers les États-Unis et la Chine. Thomas Gauthier, directeur général de la Fédération française des spiritueux, détaille les défis du secteur.

Business & Marchés – Comment souhaitez-vous mieux faire valoir la production française de spiritueux  ?

Thomas Gauthier – Nous avons créé une carte interactive qui recense nos 125 maisons adhérentes, et autant à travers les syndicats de branche. On produit des spiritueux dans tous les départements de France. La filière transforme chaque année 4 millions de tonnes de matières premières agricoles françaises, dont 1,9 Mt de raisin, 860 000 tonnes de cannes à sucre, 652 000 tonnes de betteraves, 133 000 tonnes de blé et 30 000 tonnes de pommes. Avec 700 millions de litres produits chaque année, la France est le premier producteur de spiritueux en Europe.

Quelle est la situation à l’export ?

Nous avons perdu 24% de valeur aux Etats-Unis en un an, et 20% en Chine. Le cognac (dont 97% de la production est exportée, ndlr) souffre particulièrement, avec une perte de valeur de 25% sur l’année écoulée. Un tiers de nos exportations ont lieu en Europe, un marché que l’on doit préserver au maximum. Il faut pour cela limiter au maximum la fracturation réglementaire entre les pays, par exemple sur les informations obligatoires sur les étiquettes. Il peut aussi y avoir des étages supplémentaires de réglementation au sein-même des pays, comme le prouvent la loi Agec en France et le règlement PPWR en Europe sur la question des emballages. Des parlementaires souhaitent par ailleurs limiter la communication digitale de notre secteur, quand bien même un texte européen est en préparation.

Des relais de croissance sont-ils identifiés ?

Les pistes de l’Afrique, de l’Inde, de l’Asie du sud-est et de la zone Australie/Nouvelle-Zélande sont des marchés limités au regard de ce que l’on perd en Chine et aux Etats-Unis, où la hausse des droits de douane initiée par Donald Trump nous affecte.

«Les spiritueux sont pris dans les arbitrages des consommateurs»

De quelle manière les tensions sur le pouvoir d’achat affectent les ventes ?

Depuis deux ans, les coûts de production sont orientés à la hausse, et l’ensemble des prix alimentaires ont augmenté. Les spiritueux, facialement chers, sont pris dans les arbitrages des consommateurs. Le pouvoir d’achat est orienté à la baisse sur la catégorie food & beverages, et la consommation d’alcool quotidienne baisse structurellement, pour se réorienter vers les moments de convivialité : autant de mouvements qui nous obligent à nous adapter.

Quelles tendances irriguent le marché français ?

En CHR et chez les cavistes, le sans alcool est orienté à la hausse. En revanche, le segment des “low ABV” pourrait se développer davantage. Celui des cocktails prêts-à-boire mais pâtit de sa fiscalité. Par ailleurs, un site de production sur deux est ouvert au public : le spiritourisme gagne du terrain dans les territoires.

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A propos de l'auteur
Journaliste dans la presse professionnelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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