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Les producteurs de spiritueux innovent pour se développer

Les producteurs de spiritueux réunis au salon Whisky Live, à Paris, rivalisent d’innovations et de nouveautés pour échapper à la morosité.

« Connecting spirits. » Pour son cru 2015, du 26 au 28 septembre, le salon Whisky Live, plus grand événement de dégustation de whiskies et de spiritueux en Europe, a délibérément joué la carte des passerelles entre les différents univers, au sein de la Cité de la mode et du design, à Paris.

Cette douzième édition s’est déroulée dans un contexte d’optimisme pour le marché : « les tendances générales en Europe suggèrent un environnement de marché qui se stabilise, avec des signes d’amélioration modérés pour les grandes entreprises de spiritueux », constate Rabobank. « Au cours des dernières années, aux États-Unis et en Europe, les ventes de rhum ont été sur le déclin. Mais nous pensons que la catégorie a la possibilité de reprendre pied dans ces deux zones », estiment les analystes de la banque néerlandaise.

Se différencier grâce au commerce équitable

Paul Bungener, european sales manager de la marque Fair, mise sur l’innovation pour conquérir ce marché. « Fair est la première maison de spiritueux issus du commerce équitable. Nous avons commencé il y a cinq ans avec une vodka, puis enchaîné avec un rhum de Bélize il y a deux ans et demi. Cette origine constitue notre spécificité. Notre produit est fermenté naturellement, et nous n’ajoutons ni sucre, ni caramel après le vieillissement. Notre sucre de canne est biologique. Nous vendons aujourd’hui dans 22 pays », explique-t-il à Business & Marchés. La marque propose également un gin et deux liqueurs, de café et de goji.

Lancer son activité en misant sur l’originalité

Les histoires d’entrepreneurs se nichent également dans les choix des emplacements. Ainsi, la distillerie Chalong Bay a vu le jour il y a quatre ans à Phuket (Thaïlande), sous la houlette de deux jeunes Français qui ont décidé de s’y implanter. Leur rhum, conçu à partir d’un alambic acheté en France, est fabriqué à base d’un sucre de canne issu de producteurs locaux préalablement sélectionnés. Ils disposent, pour l’heure, d’une seule référence, avant d’envisager de nouveaux développements.

C’est dans son Etat de Pennsylvanie (Etats-Unis) qu’Herman C. Mihalich a pour sa part choisi de lancer sa distillerie, Dad’s Hat, en 2011, à l’issue de deux ans de travail en collaboration avec l’Université du Michigan. Référence phare de sa marque, le 94 Roof est un whisky de seigle stocké au sein de fûts de vermouth pour son deuxième vieillissement. L’objectif est de lui conférer un aspect amer en fin de bouche. 5 produits différents sont actuellement proposés par l’entreprise.

Se diversifier afin de répondre aux nouvelles attentes

Enfin, les maisons bien établies innovent aussi. En Basse-Normandie, Christian Drouin, qui produit du Calvados depuis trois générations, se lance ainsi dans le gin afin de répondre à la demande émergente des bars à cocktails. L’eau-de-vie de cidre nouvellement commercialisée incorpore 8 aromates (vanille, gingembre, cannelle, cardamone, rose, amande, citron, gingembre), distillés différemment et ensuite assemblés.

Dans les Landes, Pichon-Longueville compte conquérir le marché des armagnacs jeunes avec le N°4 Single Armagnac. « Nous commençons à en commercialiser, ce qui aurait été impensable il y a encore quelques années. Pour ma clientèle traditionnelle, je propose notre nouveauté sous forme de cocktail », indique le propriétaire de l’entreprise, Stéphane de Luze. Il est toujours temps d’inventer et de se réinventer!

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

Publié dansEconomieEntreprisesIndustrie