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Comment l’immobilier d’entreprise traverse les turbulences économiques

Un recentrage des investissements sur quelques actifs de qualité et davantage de prudence caractérisent l’attitude des professionnels.

La crise n’épargne pas l’immobilier d’entreprise. Les montants investis dans le secteur se sont élevés à 3,14 milliards d’euros au troisième trimestre, en recul de 25% par rapport à la même période en 2011. « La réalisation d’opérations d’envergure ne suffit plus à assurer la stabilité du marché français, déjà fortement pénalisé par le décrochage de l’activité économique », souligne Olivier Gérard, président de Cushman & Wakefield France, le cabinet à l’origine de l’étude.

L’état du marché francilien explique notamment cette chute. La région capitale regroupe 77% de l’ensemble des montants engagés dans le pays, à savoir 7 milliards d’euros, contre 84% à la fin du premier trimestre 2012 : des cessions d’actifs ainsi que la baisse de l’investissement y sont liés. Une enquête d’Ernst & Young complète cette approche : pour 33% des investisseurs interrogés par le cabinet, l’environnement économique constitue le principal frein, 30% mettant en avant l’état du marché de la dette. Le marché parisien reste attractif mais fait les frais d’une conjoncture défavorable.

La mise en vente annoncée de quelques biens considérés comme exceptionnels par de nombreux professionnels pourrait réveiller l’appétit de certains investisseurs. Selon Le Figaro, la filiale immobilière de la Caisse des dépôts du Québec aurait mis en vente les immeubles abritant les sièges d’Areva (rue Lafayette, dans le neuvième arrondissement de Paris), de Vivendi (avenue de Friedland, dans le huitième arrondissement) et une tour du quartier d’affaires de La Défense.

Des biens de qualité… et diversifiés

La zone géographique de l’immeuble, la qualité du locataire et le type d’actif constituent les trois critères les plus importants lors des choix d’investissement, estiment les répondants au sondage mené par Ernst & Young. L’équilibre financier prime sur la labellisation environnementale des actifs, qui n’arrive qu’en huitième position malgré le renforcement de la législation en la matière.

Dans ce contexte difficile, les espaces commerciaux tirent leur épingle du jeu. 43% des investisseurs interrogés par le cabinet d’audit estiment que les loyers des centres commerciaux seront en légère progression dans les douze prochains mois, tandis que 53% prévoient une pénurie pour ce type d’actifs. Cushman & Wakefield met en avant le succès des centres de taille « modeste », à l’envergure limitée, et des commerces de proximité. Ceux-ci, moins exposés au ralentissement de la consommation des ménages, connaissent une nouvelle jeunesse sous l’impulsion d’enseignes nationales telles que Carrefour ou Système U.

Le champ des transactions dépasse donc celui des bureaux. Parmi les pistes de diversification offertes aux investisseurs, les établissements de retraite et les data centers constituent des pistes d’avenir.

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