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Les introductions en Bourse redécollent timidement

Même si la crise n’est pas terminée, la Bourse regagne, en Europe, de l’attractivité auprès des entreprises.

 « Le cours de Bourse ne reflète pas du tout les perspectives et la valeur de l’entreprise », a dénoncé le patron de Rentabiliweb, Jean-Baptiste Descroix-Vernier, sur BFM Business : le recul dont il est victime depuis la fin du mois de mars (-36%) serait notamment dû, selon l’entrepreneur, à des attitudes spéculatives.

Malgré cet exemple de mécontentement, la dernière enquête de PwC témoigne d’un regain de vigueur sur le front des introductions en Bourse européennes, 57 opérations ayant permis de lever 4,4 milliards d’euros au troisième trimestre, contre 0,7 milliard d’euros entre avril et juin avec 81 IPO (initial public offering). Régulièrement vilipendés, les marchés de capitaux auraient donc repris de l’éclat, sans pour autant atteindre le niveau de 121 opérations décomptées à l’été 2011 pour un montant de 9,37 milliards d’euros. Le ralentissement estival de l’activité y contribue notamment.

Aux Etats-Unis, où le cas Facebook, dont le cours est chahuté depuis son IPO survenue en mai dernier, fait toujours jaser, des entreprises du secteur technologique continuent de recourir aux marchés de capitaux avec 13% des fonds levés, le secteur financier en représentant 58%. Les doutes sur le modèle économique de l’éditeur de jeux Zynga ont pourtant conduit à un dévissage de sa capitalisation boursière, signe de l’exigence des investisseurs envers ces firmes. Echaudé par ces deux exemples, le service de microblogging Twitter a de nouveau repoussé l’éventualité d’une introduction en Bourse.

Un paysage toujours difficile à saisir

De grosses opérations flamboyantes, telles que celle opérée par la filiale mexicaine de Banco Santander, deuxième plus importante IPO de l’année aux Etats-Unis derrière Facebook ou le retour en Bourse de Japan Airlines, deux ans après avoir quitté la place tokyoïte, alternent avec l’attentisme marqué par certaines entreprises, à l’instar de l’assureur allemand Talanx. L’accueil des investisseurs « a sensiblement dévié de la juste valeur minimale qui avait été transmise à Talanx par les banques d’investissement chargées de l’opération », s’est justifié le groupe.

Les sociétés qui souhaitent malgré tout recourir à ce mode de financement font l’objet d’une lutte acharnée entre les différents gestionnaires pour y être accueillies. Londres, restée en tête des marchés européens des IPO au troisième trimestre, cherche ainsi le moyen de conserver cette avance : selon Le Figaro, le gouvernement britannique envisage d’alléger la réglementation y étant relative. Les règles de gouvernance des sociétés y étant cotées viennent toutefois d’être renforcées.

En dépit d’un environnement difficile, la Bourse reste néanmoins un endroit de choix en matière de financement. Le Journal du Dimanche et Le Figaro évoquaient hier l’éventualité d’une introduction de la Fnac, qui aurait été soulevée au sein de PPR au vu des difficultés éprouvées par le groupe pour vendre sa filiale.

Publié dansConférences & documentsCorpusInvestissementMarchés et finance