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Comment Brussels Beer Project fabrique ses bières expérimentales

A 1 kilomètre de la Grand-Place de Bruxelles, les beer geeks convergent vers les locaux de Brussels Beer Project. 20% de la production est brassée rue Antoine Dansaert, dans une petite unité de production (10 hl) qui accueille également une taproom et une boutique. 8000 hl sont quant à eux brassés chez Anders, dans le Limbourg (Red my lips, qui va bientôt s’arrêter, Delta IPA, Grosse Bertha, Jungle Joy, Babylone et prochainement la Wunder Lager). Dimitri Van Roy, geek-in-chief, nous présente ce lieu. D’ici à fin 2020, l’entreprise ouvrira une nouvelle brasserie à Anderlecht et a lancé un concours d’architectes – l’usine devra avoir une capacité de 35 000 hl, soit l’équivalent de 10 millions de bouteilles par an.

Pourriez-vous nous présenter le site de Bruxelles ?

Dimitri Van Roy — Ici à Bruxelles, on brasse au minimum deux nouvelles recettes par mois, de manière expérimentale. Le lundi, on brasse ; le mardi, nous réalisons la mise en fûts et en bouteilles ; le mercredi-jeudi-vendredi, on fait trois brassins (un par jour) pour nos bières du mois, comme la Juice Junkie (New England IPA). L’équipe de production compte quatre personnes : Antoine Dubois, le premier brasseur à nous avoir rejoint, qui veille à la qualité ; Sam Fleet (brasseur anglais avec nous depuis presque un an) ; David Santos (issu de la brasserie portugaise Mean Sardine) ; et Maxfield (Américain, logistique et production).

Brussels Beer Project - fûts

Comment faites-vous découvrir votre gamme ?

Sur la taproom, ouverte du jeudi au samedi, nous faisons des tastings, des flashs-tours (on explique la brasserie et le projet), avec un public assez mixte entre les beer geeks et des amateurs. Nous identifions les saveurs qu’aiment nos visiteurs (amertume, acidité…). A Bruxelles, le public connaît davantage des bières spéciales (trappistes,… ou de brasseries indépendants comme Saison Dupont), mais si les gens viennent ici, c’est facile de commencer avec la Delta (Belgian IPA, avec une levure saison), et la Grosse Bertha (belgian hefeweizen, une blanche allemande avec un nez de banane et de clous de girofle). On fait des dégustations de 15 à 40 personnes également avec six bières différentes.

Brussels Beer Project - Dégustation de bières

Quelles sont vos surprises en matière de production ?

Avec la bière, on peut tout faire ! On n’est pas limités au raisin. On commence avec des céréales différentes ; on utilise au minimum 30 houblons différents à la production. On ne parle même pas des bactéries, où l’on utilise des cultures de lactobaccillus de laboratoire. On a aussi les ingrédients moins classiques, comme la citrouille, du thé, des piments… On va faire une bière du mois avec du kiwi ! Les options sont illimitées. Par ailleurs, nous voulons passer de 10 hl à 20 hl par brassin suite à la montée de la demande de notre bar parisien, où les clients commandent en format pinte. A noter, nous brassons 150 hl par bière du mois (chacune a son propre nom, à la différence des bières expérimentales servies dans nos bars et en bouteilles à Bruxelles, Paris et Tokyo).

Quelles sont les prochaines étapes ?

A Bruxelles, le lieu va continuer à nous inspirer sur le long terme, c’est la base de notre créativité et pousser des bières qui peuvent devenir permanentes. Chaque année, on fait une compétition entre quatre ou cinq prototypes, et la bière qui a gagné devient permanente (en avril pour les dégustations, et en mai pour la finale). Tout le monde peut voter.

Publié dansEconomieEntreprisesIndustrie