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TOURISME — AMC Cape Grace poursuit sa structuration et vise 8 millions d’euros de chiffre d’affaires avec ses croisières en maxi-catamaran en Méditerranée

4 min de lecture
L'Ile d'Or, au large de Saint-Raphaël - AMC Cape Grace (maxi-catamarans)

Dix ans après son rachat par Maurin Coste, la société de croisières maritimes AMC Cape Grace poursuit sa restructuration. Portée par une croissance de son chiffre d’affaires, attendu à 8 millions d’euros en 2026, l’entreprise adapte son organisation interne et déploie désormais son activité sur cinq bases entre le Var, les Alpes-Maritimes et les Bouches-du-Rhône.

Rachetée en 2016 par Maurin Coste, la société de croisières maritimes AMC Cape Grace poursuit son développement sur le littoral méditerranéen. L’entreprise, basée à Saint-Raphaël (Var), qui comptait un navire et dix salariés à ses débuts, compte désormais cinq maxi-catamarans et emploie jusqu’à 70 personnes en haute saison, dont 20 collaborateurs permanents à l’année.

«Je suis très heureux du chemin parcouru. Le chiffre d’affaires a été multiplié par 10 en dix ans», indique Maurin Coste. Le dirigeant souligne toutefois les contraintes de gestion rencontrées au cours de la décennie : «En dix ans, le plus compliqué a été de gérer la trésorerie. On passe de diriger une petite entreprise à une grosse structure sans filet et le plus éprouvant est que rien ne soit prévisible dans notre activité. À chaque fin de saison, il faut tout recommencer.»

Une réorganisation interne

Après avoir enregistré un chiffre d’affaires de 6,5 millions d’euros en 2025, la structure vise les 8 millions d’euros à la fin de l’exercice 2026. Cette progression s’appuie sur une croissance de l’activité de 10% en juillet et de 20% en août, ainsi que sur une hausse de 20% du segment B2B en un an.

Pour accompagner ce développement, la direction a renforcé son organisation au cours de l’hiver. Un service commercial de six personnes a été créé. Des services dédiés à la privatisation et à la billetterie ont également été mis en place, et l’entreprise s’est installée dans de nouveaux bureaux.

Un réseau de cinq bases déployé en dix ans

Historiquement implantée à Saint-Raphaël lors de sa reprise en 2016, AMC Cape Grace a progressivement étendu son maillage portuaire : le site de Hyères (Var) s’est ajouté en 2023, suivi de Nice (Alpes-Maritimes) en 2024. En 2025, l’entreprise a ouvert deux nouvelles implantations à Marina Baie des Anges (Villeneuve-Loubet) et à Marseille (Bouches-du-Rhône).

Si le site de Marina Baie des Anges a atteint son rythme d’exploitation, l’implantation de Marseille enregistre un démarrage plus lent en raison d’une concurrence régionale plus marquée. La pérennité des implantations dépend du renouvellement des contrats portuaires, s’échelonnant sur des durées de 5 à 10 ans.

«Il faut continuer de consolider l’entreprise, stabiliser les opérations actuelles», précise Maurin Coste, qui met l’accent sur la qualification de ses équipes : «AMC Cape Grace est une bonne école. Il faut naviguer dans le vent et être assez réactif. Nous sommes vraiment des marins en plus des spécialistes de l’entretien de nos bateaux.» L’entreprise prévoit l’arrivée d’un sixième bateau cet hiver.

Des croisières en soirée

L’offre commerciale a été consolidée autour de plusieurs segments (family friendly, farniente, festif…). Parmi les prestations proposées de mai à septembre figure la croisière Coucher de soleil. Au départ de la base historique de Saint-Raphaël, cette formule de deux heures emmène les passagers le long du littoral raphaëlois, intégrant désormais des rallonges sur le circuit pour enrichir la navigation.

Maxi-catamaran Felicita à Saint-Raphael - AMC Cape Grace

Le Felicita permet de réaliser différentes croisières au départ de Saint-Raphaël.

À bord du Felicita, un bateau de 22 mètres, la sortie comprend un temps de navigation et un mouillage face à l’île d’Or, île privée située au large du massif de l’Estérel. Les passagers y côtoient les roches rouges de la côte, la végétation de pins maritimes, la calanque des Contrebandiers, le port du Poussaï et la plage du Débarquement. Durant l’arrêt, les clients peuvent se baigner, s’initier au paddle ou observer les teintes du paysage au coucher du soleil avant le retour au vieux port de Saint-Raphaël.

Croisière coucher de soleil au large de Saint-Raphaël - AMC Cape Grace (maxi-catamarans)

Croisière Coucher de soleil au large de Saint-Raphaël.

Arrivée nocturne sur le vieux port de Saint-Raphaël - AMC Cape Grace (maxi-catamarans)

Arrivée nocturne sur le vieux port de Saint-Raphaël.

Cette organisation exige une préparation rigoureuse. «C’est une sortie courte de 2 heures qui nécessite néanmoins une préparation plus rapide puisque tout doit être prêt en amont», explique Adrien Cauchois, capitaine du Felicita. Marin-pêcheur en Normandie durant l’hiver, il effectue sa quatrième saison d’été au sein de l’entreprise, où il officie de mars à octobre, tandis que les matelots sont sous contrat du 1er mai au 30 septembre.

Face aux fortes chaleurs estivales, l’équipage a adapté sa gestion opérationnelle : «Nous nous sommes beaucoup hydratés et nous avons davantage insisté sur la rotation des postes pour le bien-être de l’équipage. Nous n’avons pas eu de soucis avec nos clients», précise le capitaine.

«Nos passagers s’intéressent davantage aux bateaux»

En quatre ans d’exercice, Adrien note une évolution des attentes des passagers. La clientèle apparaît désormais plus calme et davantage tournée vers la détente que vers l’animation festive, un phénomène visible lors des retours au port. «Les passagers s’intéressent davantage à la technique même du bateau et nous posent beaucoup de questions sur l’équipage, son parcours et le fonctionnement du catamaran», relève le capitaine.

Sacha, Adrien et Lorenzo - Marins à bord du Felicita (saison 2026) - AMC Cape Grace

Sacha, Adrien et Lorenzo, à bord du Felicita, en août 2026

Pour rompre la routine, de nouveaux circuits ont été introduits. Les équipes, largement reconduites d’une année sur l’autre, conservent leurs affectations par bateau et par base. À bord du Felicita, Adrien était épaulé, lors de notre croisière, par Lorenzo, marin, qui réalise sa deuxième saison dans l’entreprise après un parcours dans la restauration et prépare le diplôme Capitaine 200, et Sacha, matelot depuis deux ans dans l’entreprise et ancien skipper sur des bateaux de 12 mètres pour une clientèle privée. «Ce qui change, c’est la taille du bateau. Cela influe sur la façon de travailler», explique Sacha.

D’importantes réserves de croissance

Sur le marché du tourisme en maxi-catamarans, l’entreprise entend s’appuyer sur la tendance du slow tourisme, son réseau de prescripteurs et le développement du bouche-à-oreille pour fidéliser sa clientèle. AMC Cape Grace dispose d’une capacité d’accueil de 2000 clients par jour. La société transporte actuellement 800 passagers quotidiens et cherche à établir des partenariats avec de grands acteurs du secteur touristique pour augmenter sa fréquentation. «Cet hiver, nous avons pris conscience que nous n’étions qu’au début de ce marché», estime Maurin Coste.

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Journaliste dans la presse professionnelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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