Entreprises

Pour dépoussiérer son image, l’armagnac passe derrière le bar

2 min de lecture
BNIA- Bureau national interprofessionnel de l'armagnac - Stand Wine Paris 2022

L’armagnac souhaite sortir des frontières de l’apéritif. Idées de cocktails, nouveaux flacons et produits plus jeunes seront davantage mis en avant.

Longtemps, l’armagnac a peu pris la parole de manière globale, laissant sa voix aux 670 producteurs. Une période qui se veut révolue, l’objectif affiché par le Bureau national interprofessionnel de l’armagnac (BNIA) était de promouvoir le célèbre spiritueux afin de “lever les freins” qui subsistent, tant du côté des consommateurs que des professionnels. 730 viticulteurs, 670 producteurs, 160 négociants, 3 caves coopératives assurent la mise sur le marché de 3 millions de bouteilles par an, à partir d’un vignoble de 5300 hectares. En 2020, les ventes avaient reculé de 13% en volume, pandémie oblige, avant de rebondir de 30% en volume et de 33% en valeur en 2021, malgré six mois de fermeture, en France, des cafés et restaurants.

A la différence d’autres spiritueux comme le cognac, l’armagnac demeure bien implanté en France. 54% de la production est exportée. La Chine, les Etats-Unis, la Russie et l’Angleterre, marchés exports historiques, ont “bien aidé” la filière, indique Maeva Vidonne, responsable communication du BNIA. Il reste du travail à faire pour multiplier les moments passés avec l’armagnac, rappelle-t-elle : “nous avons une image traditionnelle, un peu poussiéreuse, et nous devions la renouveler. Il faut démocratiser les instants de consommation de l’armagnac, en sortant d’une consommation exceptionnelle.”

A l’instar de nombreux autres produits, le choix s’est porté sur la consommation en cocktail. “Nous avons des actions de formation. L’armagnac a tout à fait sa place derrière un bar. Nous préconisons les jeunes armagnacs. On peut revisiter tous les classiques (sidecar, old fashioned…)” Un travail a été engagé avec le groupe Paris Society pour créer des recettes de cocktails, testées mi-février lors du salon professionnel Wine Paris. Les packagings se sont par ailleurs renouvelés, en sortant des codes de la basquaise traditionnelle.

La Blanche, à développer

Une eau-de-vie du Pays d’Armagnac, la Blanche Armagnac, appellation d’origine contrôlée depuis 2005, embouteillée après trois mois en cuves Inox, figure aussi dans la botte secrète des instruments devant concourir à rajeunir le profil des consommateurs. « Elle est méconnue, mais nous sommes passés d’une dizaine à une cinquantaine de producteurs en l’espace d’une quinzaine d’années. Il s’agit d’eau-de-vie qui n’est pas vieillie en fûts, très aromatique”, décrit Maeva Vidonne.

Pour continuer à moderniser son image, la profession va également investir davantage en direction du réseau cavistes.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

3329 articles

A propos de l'auteur
Journaliste dans la presse professionnelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
Articles
A lire également
Entreprises

VIN — Jaillance veut installer la Clairette de Die dans les cocktails des bars et restaurants avec une offre adaptée aux nouveaux usages

La coopérative drômoise Jaillance mise sur la mixologie pour développer les usages de la Clairette de Die auprès des professionnels de la…
La sélection de la rédaction

SPIRITUEUX — Bacardi Martini accélère le développement de la tequila Patrón en France avec le Paloma Perfect

Pour renforcer la notoriété de la tequila Patrón sur le marché français, Bacardi Martini fait du Paloma Perfect son cocktail ambassadeur. Cette…
Entreprises

VIN — À Saint-Émilion, Quintus ouvre ses portes à l’œnotourisme avec plusieurs formats de visite

À Saint-Émilion, le château Quintus lance sa première offre d’œnotourisme. Le domaine, propriété du groupe Domaine Clarence Dillon, propose plusieurs formats pour découvrir son vignoble, son parc et ses deux vins.

Recevez nos prochains articles par e-mail

Abonnez-vous à notre newsletter