Économie

A Noisy-le-Grand, la brasserie La Française attend la réouverture des bars pour exprimer son potentiel

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Brasserie La Française - Noisy-le-Grand

Antoine Philippe s’est installé en tant que brasseur début 2020. Les quatre bières de La Française, disponibles en GMS, devraient de nouveau être disponibles à la pression lors de la réouverture complète du réseau CHR.

La pandémie de Covid-19 a ralenti les ambitions de la brasserie La Française, à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis). “Dans les prochains mois, il est vital que les bars et que ma taproom reprennent leur activité normale. Il faut que cela redémarre en avril, sans quoi cela risque d’être compliqué”, confiait fin janvier le fondateur de l’entreprise, Antoine Philippe. Après avoir brassé à façon il y a deux ans (avec de premiers produits lancés durant l’été 2019) à la brasserie d’Orville, à Louvres (Val d’Oise) sur le même matériel qu’il utilise aujourd’hui, il a rénové durant huit mois les locaux d’une friche industrielle avant de commencer à produire au 1er janvier 2020.

“J’ai décidé de changer de vie, en faisant un métier de passion. J’ai passé ma vie de 16 à 43 ans dans le BTP, dernièrement chez Eiffage”, indique-t-il. Il a quitté son poste en 2018. Il a parfait sa connaissance du secteur chez les Brasseurs de l’Estérel (à Saint-Raphaël, dans le Var), et à l’Institut français de la brasserie et de la malterie. “Mes parents sont vignerons champenois, d’où l’envie de fabriquer et de vendre mes propres produits”.

Un matériel de grande capacité

Pour lancer La Française, Antoine Philippe a d’emblée vu grand. “On parle de brasseurs artisanaux, mais on parle aussi bien de gens qui ont investi 50 000 euros que 1 million d’euros dans le matériel. Je voulais créer une entreprise avec une ambition au moins régionale. J’ai investi un peu moins d’un million d’euros, ce qui est conséquent pour se lancer. Lors de ma formation, j’ai bien intégré que sans matériel technologique et performant, il serait difficile d’avoir un produit de qualité constante”, explique-t-il.

Compte tenu du fort développement des brasseries artisanales, il a dès le départ la question de la scalabilité du matériel. S’il arrive à passer le cap de trésorerie, Antoine Philippe compte pouvoir poursuivre dans les conditions actuelles, en étant seul à produire, grâce à un équipement “suffisamment automatisé”. La brasserie est taillée pour 20 hectolitres de capacité par brassin. 600 hl ont été brassés lors de la première année d’exercice.

Quatre références disponibles

Quatre bières sont actuellement disponibles : une Pale Ale, une triple, une bière d’abbaye et une lager. “J’ai écouté mes clients et j’ai abaissé le taux d’alcool de la triple, pour créer l’Abbaye, à 6%. La lager est une bière facile à boire. Au-delà de son image industrielle, c’est très compliqué à produire : il faut les bonnes températures de fermentation et de garde. Ce sont des bières sensibles en production. Je travaillerai ensuite sur des bières un peu plus tournées vers les geeks”, indique le brasseur.

En matière d’efforts environnementaux, le fourgon est électrique. Le fournisseur de cartons se situe en Seine-et-Marne. Les malts proviennent de chez Soufflet. Certains houblons sont français (Comptoir agricole). “J’ai besoin de houblons californiens pour certaines références. Dans la démarche, acheter du malt bio, c’est facile, mais c’est quasi-impossible pour le houblon”.

Un tiers des ventes en grande distribution

En termes de commercialisation, “la première année a été dynamique et en croissance pour la partie GMS. Je travaille en direct avec de petits supermarchés, et je démarre seulement le fait d’intégrer des centrales d’achat”. Des supermarchés Intermarché et Super U référencent certaines bières, et quelques magasins franchisés. Des cavistes, présents dans Paris et en région parisienne, passent des commandes. Une dizaine de bars ont aussi été entrés en direct avant le deuxième confinement.

Antoine Philippe a également commencé à travailler avec UBA (Univers bières artisanales): “en quelques mois, j’ai vu le potentiel de collaborer avec un distributeur, pour rentrer dans une vingtaine de bars à Paris d’emblée, en fûts, en plus de la dizaine de bars qui travaillaient en direct avec moi.” A la brasserie, la taproom a pour sa part très bien fonctionné entre les trois mois de confinements. Dans l’attente de la réouverture des bars, le leasing du matériel devait pour sa part être suspendu.

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A propos de l'auteur
Journaliste dans la presse professionnelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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