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Le solaire entrevoit la sortie de crise

Affectés par la crise, les professionnels du solaire tablent sur les effets de la loi Grenelle 2 et sur la reprise pour conforter de nouveaux projets.

En accusant une perte de près de 700 millions d’euros sur le premier semestre 2009, le producteur allemand de panneaux solaires photovoltaïques Q-Cells témoigne des difficultés qui affectent actuellement la filière. Frappé par la crise, le secteur doit également faire face à un problème de surcapacité : de nombreux acteurs ont massivement misé sur un marché dont la croissance a été pénalisée par un contexte économique défavorable.

Selon le cabinet américain iSuppli, les nouvelles installations représenteraient légèrement moins de 4 gigawatts pour l’année 2009, tandis que la production de panneaux atteindrait une puissance totale de 7,5 gigawatts : le marché est engorgé. « Pendant douze à dix-huit mois, la situation se révélera difficile pour ceux qui ont réalisé récemment d’importants investissements en capacité de production », expliquait au printemps dernier à L’Usine Nouvelle Marc Vogeleisen, président de la filiale française d’Enerqos, un producteur italien récemment implanté dans l’Hexagone.

La mise en liquidation judiciaire de Silpro, l’emblématique projet d’usine de fabrication de silicium à usage solaire, a sonné le glas de l’expansion trop rapide de la filière. Lancée en 2006, l’initiative avait pour objectif de profiter de la pénurie de silicium – aujourd’hui largement réglée – en associant un important parterre de partenaires, parmi lesquels une compagnie d’énergie renouvelable hollandaise et EDF Energies Nouvelles. Plombée par 30 millions d’euros de dette, l’usine provençale ne verra pas le jour.

Grenelle de l’Environnement et reprise économique

« Malgré la conjoncture, nous sommes dans une dynamique de forte croissance des énergies renouvelables, et même dans une croissance exponentielle pour le solaire. Et cela se traduit par des investissements industriels », tenait à rassurer le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo à la mi-septembre. Il table sur les effets de la loi Grenelle 2 pour accélérer la cadence des commandes. Signe de l’impact attendu à long terme, de nombreuses entreprises défient les difficultés économiques pour tabler dès maintenant sur un rebond du secteur, en visant la France.

L’allemand E.ON a inauguré au début de l’été sa première ferme solaire (5MW) sur le territoire, à 150 kilomètres de Marseille. Un lancement qui pourrait en préfigurer d’autres : l’objectif de l’énergéticien est de parvenir à terme à 200 mégawatts d’origine solaire. First Solar, une start-up américaine spécialisée dans la fabrication de composants destinés à la production d’énergie solaire, chercherait pour sa part, selon Le Figaro, à s’installer en Savoie ou dans le Rhône, après avoir longtemps lorgné sur les Alpes-de-Haute-Provence. La filiale à 50 % d’EDF spécialisée dans les énergies renouvelables EDF Énergies Nouvelles l’accompagne dans ce projet d’expansion.

Photovoltech, une filiale commune de GDF Suez et de Total, va pour sa part investir 70 millions d’euros dans une unité de fabrication de plaquettes de silicium basée en Moselle. Selon les derniers chiffres publiés par le cabinet PriceWaterhouseCoopers, de 200 à 300 mégawatts pourraient être installés sur l’ensemble de l’année, avec de belles perspectives en vue à la faveur de la reprise. Pour Total, l’enjeu est de taille : il s’agit de se positionner le plus rapidement possible sur le solaire afin de ne pas reproduire l’attentisme dont l’entreprise avait fait preuve sur l’éolien.

D’ici à 2011, l’Etat souhaite implanter une centrale solaire par région. L’équivalent d’une ville de 150 000 habitants pourrait être alimenté par chacune de ces installations. De quoi conforter la relance d’un secteur dont la crise a remis en cause nombre de projets pour se concentrer sur les plus importants.

Publié dansEconomieEntreprises