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L'économie allemande en cinq points

Un taux de chômage particulièrement bas mais une population qui recule: l’Allemagne affiche des performances économiques contrastées.

Vingt ans après la chute du Mur, l’économie allemande apparaît comme profondément modifiée. Le moteur européen que le pays forme aujourd’hui avec la France révèle une complémentarité économique surprenante entre les deux puissances. Toutefois, Berlin, épicentre du changement, n’a pas véritablement profité de l’eldorado économique qui lui était promis.

Une capitale à l’économie chancelante. Avec un taux de chômage proche de 17 % (contre une moyenne de 7,6 % à l’échelle nationale), Berlin présente un bilan peu reluisant. A l’inverse de Paris ou de Londres, elle peine à attirer les sièges des grandes compagnies, qui lui préfèrent la financière Francfort, où siège notamment la Banque centrale européenne. 60 % des emplois industriels de la ville ont été détruits entre 1991 et 2008, de nombreuses usines de l’Est, peu compétitives, ayant dû mettre la clef sous la porte. Le PIB berlinois croît plus lentement que celui du pays. Le nouvel aéroport, dont l’ouverture est programmée pour 2011, aura pour mission de redorer le blason économique de la capitale.

Un mécanisme de redistribution entre régions. Un dispositif de redistribution Ouest-Est court jusqu’en 2019. Selon les dernières estimations, près de 157 millions d’euros auront été affectés au rééquilibrage économique à l’Est. Depuis la mise en place du système, 94,5 milliards d’euros ont été redistribués aux Lander situés en ex-RDA par le biais d’un impôt de solidarité. Le tourisme et l’industrie électronique progressent. Cela n’empêche pas un déficit démographique qui s’aggrave, pas moins de 250.000 jeunes femmes étant passées à l’Ouest pour chercher du travail. Au total, on estime à 1,8 million le nombre d’habitants perdus à l’Est depuis la réunification.

Des succès… Avec 39 entreprises dans le classement des 500 premières firmes mondiales, l’Allemagne affiche un bilan assez honorable. Les constructeurs automobiles contribuent fortement à cette performance, notamment avec Wolkswagen. En matière de R&D, Siemens, BASF ou Bayer participent au fait que la moitié des brevets déposés chaque année à l’Office européen des brevets de Munich soient allemands. Même succès en matière de commerce international: la part des exportations dans le PIB allemand est passée de 22,3% en 1993 à 47,3% l’an dernier.

et des défis à relever. Ce même PIB rencontre actuellement une plongée sans véritable précédent. On estime qu’il pourrait flirter avec la barre des 6% pour 2009, une performance peu reluisante. Facteur aujourd’hui essentiel à l’échelle internationale, le poids de la place financière de Francfort s’est réduit, avec 80.000 emplois dans le secteur contre 135.000 emplois à Paris ou 317.000 à Londres. Les banques allemandes ont particulièrement souffert de la crise. Enfin, le faible taux de natalité allemand précipite la chute du nombre d’habitants outre-Rhin.

L’Allemagne de l’Est voit la vie en vert. A Bitterfeld (160km de Berlin), en ex-RDA, autrefois réputée pour sa pollution, l’industrie se pare désormais de vert. C’est une « Solar Valley » qui y a vu le jour, avec pur fleuron le leader mondial des panneaux solaires, Q-Cells. Dix ans après sa création, la firme doit certes faire face aux conséquences de la crise et procéder à des licenciements, mais elle témoigne d’une réussite incontestable. La promesse tenue par Helmut Kohl en 1990 de transformer la République démocratique allemande en des « paysages florissants » est en passe de se concrétiser.

Publié dansEconomiePolitique éco