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“L’intérêt des Français pour l’épargne reste faible, dans un univers jargonnant”

Se lancer en Bourse, transmettre son patrimoine, prévoir les coups durs, se créer une première épargne… Autant d’intentions qu’il est plus difficile de concrétiser, dans un univers parfois abscons. « Plus vous serez autonome dans votre épargne, plus vous le serez dans votre vie », clame Guillaume-Olivier Doré. Evoluant dans le secteur des marchés financiers et de l’investissement depuis plus de vingt ans, il a crée en 2016 le site Mieuxplacer.com, un site internet dédié à l’épargne, qui commercialise des produits (en tant que courtier) et apporte des conseils grâce à un questionnaire en ligne.

« Les Français ont besoin qu’on arrête de les infantiliser dans leurs choix d’épargne », affirme-t-il dans son livre Manuel de survie dans le milieu hostile de l’épargne, construit autour de vingt portraits-types. L’offre de son entreprise (basée à Bordeaux) s’est étendue, à l’automne, aux réseaux bancaires, asset managers et gestionnaires de patrimoine. Il nous en dit plus.

Comment vous êtes-vous appuyé sur votre expérience pour lancer Mieuxplacer.com?

En 25 ans, 10.000 entrepreneurs rencontrés et 50.000 épargnants qui m’ont confié une partie de leurs économies, ajouté à une absence totale de transparence et de modernité dans la manière dont l’épargne est gérée pour tous. C’est ce qui m’a convaincu que la technologie a un rôle à jouer pour nous aider, nous professionnels, à mieux comprendre et mieux servir nos clients pour leur donner confiance et rendre leur épargne utile.

Comment observez-vous l’évolution de l’intérêt des Français pour l’épargne?

Malheureusement, l’intérêt des Français pour l’épargne reste faible. Cela n’est pas anormal dans une société ou tous les besoins de la pyramide de Maslow sont pris en charge par la collectivité (études, chômage, retraite, santé, et même logement). Certes la collectivité fait de moins en moins bien, mais la prise de conscience est longue. Du coup l’épargnant français reste dans une position défensive (produits à capital sécurisé type fonds euros ou immobilier). L’ouverture vers des produits alternatifs d’épargne directe (crowdfunding…) est timide mais une tendance pour de l’épargne « ciblée » semble se faire jour.

Quels sont les principaux freins que vous avez identifié auprès du grand public ?

Essentiellement un sujet didactique : le secteur se plait dans une complexification et un jargon qui le protège mais finit par lui nuire. Il fallait casser ce cercle vicieux et donner aux professionnels du temps pour donner les bonnes explications. Ce temps, ils le gagnent avec les outils digitaux.

« Le digital peut accompagner les professionnels »

De quelle manière accompagnez-vous désormais les conseillers en gestion de patrimoine?

Nos outils permettent aux conseillers des gains de temps de l’ordre de 70% sur tout ce qui ne concerne pas sa relation directe avec son client : questionnaire MIF autoadaptatif, fabrication de solutions sur mesure pré-packagées, module réglementaire et compliance, processus administratif. Nos clients CGP se concentrent désormais uniquement sur la compréhension et l’explication des solutions à leurs clients, augmentent leur nombre de rendez-vous et leur taux de conversion, en garantissant un niveau de neutralité et de service optimal.

Selon vous, comment les technologies digitales peuvent accompagner le secteur?

Les technologies digitales peuvent être présentes dans tous les aspects du métier, à la fois dans le process commercial, que dans les sujets réglementaire, ou dans la sélection des produits. Il est important de choisir des outils qui sont réellement adaptés aux besoins des CGP et à leur manière de faire leur métier qui peut être différente d’un cabinet à l’autre. Ces outils doivent donc être issus d’une expérience « terrain » et avoir été utiles aux clients finaux. C’est l’avènement de l’UX (User Expérience).

Publié dansEconomieInvestissementMarchés et finance