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Green business: les cleantechs soutenues par le grand emprunt

Chaque mois, focus sur l’actualité du green business. Dans le cadre du grand emprunt, 2 milliards d’euros seront dédiés aux technologies vertes.

Plus vert sera l’hiver ! Avec 5 milliards d’euros réservés au développement dans le cadre du grand emprunt, dont 2 milliards pour les technologies vertes, le secteur des cleantechs revêt une nouvelle forme de légitimité. Adoubée par l’Etat, l’ensemble de la filière ne devrait toutefois pas en profiter, quelques projets monopolisant les fonds.

La somme allouée aux énergies renouvelables et décarbonées devrait être découpée en deux grands pôles, le premier consistant en un appui à des projets novateurs de plates-formes technologiques ou de démonstrateurs. L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (Ademe) sera chargée de sélectionner les dossiers susceptibles de recevoir une part des subventions. Parallèlement à ce premier lot d’un montant de 1,5 milliard d’euros, la différence sera engagée en faveur de la constitution de « pôles d’excellence » associant entreprises et institutions publiques dédiées à la recherche.

«Cinq à dix instituts de ce type seront créés, en cohérence avec la logique des pôles de compétitivité », a expliqué Nicolas Sarkozy, l’Ifremer, L’INRA ou le CNRS constituant des exemples d’organismes pouvant potentiellement profiter de cette somme. Le Commissariat à l’énergie atomique, fraîchement renommé CEA² pour « Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives », va notamment orienter ses recherches vers les énergies renouvelables, symbole de la nouvelle ère qui s’ouvre en la matière.

Cet effort d’origine publique n’est toutefois pas le seul, comme le prouvent de nombreuses expériences menées à travers le monde. Une étude réalisée par HSBC à partir des plans de relance établis par quinze pays évaluait en mars dernier le total des investissements verts à 342 milliards de dollars; une somme légèrement réévaluée à la baisse aujourd’hui mais qui reste conséquente en regard des capitaux précédemment investis. En Grande-Bretagne, les fonds initialement prévus seront complétés par l’autorisation du déploiement de compteurs électriques intelligents.

Pas de répit non plus dans le privé. Après avoir subi les conséquences de la crise, les transactions dans le domaine des technologies vertes connaissent une remarquable envolée, comme en témoignent les chiffres publiés par Green Univers: le nombre de deals a doublé en France entre le second et le troisième trimestre; leur montant s’est lui aussi apprécié. Les fusions-acquisitions ont toutefois fortement été affectées par la dégradation du contexte économique, une situation qui devrait s’arranger l’an prochain selon les experts.

« La France est un pays inexistant pour les clean tech.Nous avons près de 10 ans de retard sur l’Allemagne et 4 ans sur la Californie ! », déplorait récemment sur le site spécialisé Novethic David Dornbush, président de l’association Clean Tuesday. La donne commence seulement à changer, mais la mécanique semble enclenchée.

Publié dansPolitique éco