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Green business: le rôle des fonds renforcé par la crise

Chaque mois, focus sur l’actualité du green business. En période de crise, les sociétés de capital-risque et les fonds d’investissement viennent à la rescousse du secteur des technologies vertes.

Plus que jamais, pour assurer leur développement, les firmes spécialisées dans les cleantech (technologies vertes, respectueuses de l’environnement) ont besoin du soutien du capital-investissement. Une aide « d’autant plus important que la crise financière actuelle rend le recours au crédit particulièrement difficile pour les sociétés », précise à Green Univers Philippe Raybaud, avocat associé au cabinet CGR Legal. En croisant les différentes statistiques du programme des Nations Unies pour l’environnement, plus de 17,2 milliards d’euros ont été investis par des fonds d’investissement au cours de l’année 2007.

Un autre chiffre, émanant cette fois-ci d’une étude réalisée par le cabinet Aelios Finance il y a quelques mois, témoigne de cet engouement des investisseurs pour la branche : 69% des fonds d’investissement français spécialisés dans le capital risque technologique sont prêts à investir dans les cleantechs et l’énergie. Des intentions qui doivent toutefois être nuancées : la majorité des entreprises bénéficiant de ce nouvel actionnariat ont déjà plusieurs années d’activité, et un portefeuille de clients relativement bien étoffé.

Le développement, depuis trois ans, du dispositif de défiscalisation partielle de l’ISF par le biais d’investissements dans les PME (notamment via des holdings), et  la détérioration du contexte économique ont accentué cette concentration des investissements vers des entreprises de taille certes modeste, mais présentant un bilan solide et des perspectives d’activité bien établies par le biais de produits soit commercialisés, soit de technologies dont l’avancement est démontré. Un certain nombre d’innovations sont assez longues à développer, d’où l’impatience possible de certaines catégories d’investisseurs.

De lourds investissements, à long terme

Un court-termisme qui n’est pas forcément le propre des fonds d’investissement, de capital-risque ou de capital-développement, qui misent sur une entreprise pour espérer en tirer des bénéfices à un niveau avancé dans l’expansion de la firme. Leur expertise dans le financement de projets, les liens qu’ils entretiennent avec les établissements bancaires, et le suivi personnalisé des dossiers confèrent aux capital-risqueurs et autres fonds d’investissement des qualités justifiant leur attractivité. Les fonds sortent en moyenne du capital des entreprises au bout de quatre ou cinq ans.

De récents exemples illustrent le succès remporté par certains fonds en termes d’attractivité. Les 109 millions d’euros collectés l’an dernier par le fonds Capénergie (Crédit agricole) sont progressivement investis – la moitié de la somme aurait déjà été utilisée, selon Les Echos. Plus récemment, le fonds d’investissement spécialisé 123 Venture a également fait parler de lui avec de nouvelles opérations. La société, qui récolte des capitaux par le biais de différents dispositifs, a investi, depuis le début de l’année, plus de 30 millions d’euros dans un secteur porteur, mais pas exempt de risques.

Afin de faciliter la mise en relation des entreprises et des investisseurs, un nouveau site, basé outre-Atlantique, vient d’être lancé. Sur Cleantech-capital.net, un réseau de 2.000 personnes ou fonds prêts à investir dans le secteur sera mis à disposition de firmes désireuses de dénicher des fonds pour leur développement et de se faire connaître. Une nouvelle plateforme dont les résultats seront scrutés de près.

Publié dansEconomieMarchés et finance