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Green business: la crise affecte le secteur environnemental

Chaque mois, focus sur l’actualité du green business. Les difficultés de financement affectent les professionnels des énergies renouvelables, et la vente de certificats de compensation carbone. Les gouvernements constituent un moteur essentiel de la sortie de crise.

En annonçant la suppression de 1.900 postes en Europe, soit 9 % de son effectif mondial, le leader de l’éolien Vestas a rompu avec sa folle croissance ininterrompue depuis une dizaine d’années (pas moins de 10.000 embauches ont notamment été effectuées entre 2005 et 2008). Cette coupe, chez un fabricant d’éoliennes qui plus est rentable, constitue un signal fort à l’attention des investisseurs et des professionnels : la crise financière affecte aussi le secteur des technologies propres, ou cleantechs. « Nous ne croyons plus que la demande sera suffisante à court terme sur les marchés d’Europe du Nord. De plus, certaines banques, qui étaient incontournables sur le marché de l’éolien, n’y sont plus actives. Au cours des six derniers mois, l’industrie de l’éolien a souffert d’une crise du crédit, pas d’une crise de la demande », a expliqué le CEO de Vestas, Ditlev Engel.

Dans les Alpes-de-Haute-Provence, à Saint-Alban, l’usine Silpro, censée fabriquer du silicium pour les cellules photovoltaïques (des éléments des panneaux solaires), voit sa construction perturbée par le retrait d’un des actionnaires, et la société installée pour le projet est désormais en fallite. EDF Energies Nouvelles, la filiale d’EDF qui détenait 12,8% du projet, a expliqué ces difficultés par la baisse de la demande de silicium. L’industrie photovoltaïque, désormais première pourvoyeuse de silicium devant l’informatique, fait face à une baisse du prix des installations, et un attentisme de la part des potentiels clients pour de nouveaux panneaux solaires. La pénurie de silicium est donc temporairement résorbée.

Pour d’autres raisons, plus structurelles, Theolia a également tiré la sonnette d’alarme, en évoquant un risque de faillite. Le producteur français d’électricité éolienne, censé profiter de l’engouement pour les énergies renouvelables, encensé pour sa rapide réussite (l’entreprise a été créée en 1999, introduite en Bourse trois ans plus tard et mis en service sept centrales éoliennes), fait les frais d’une expansion mal contrôlée, à coups d’acquisitions et de créations de filiales étrangères. Aux commandes depuis septembre dernier, le directeur général Marc van’t Noordende tente de vendre des actifs pour renflouer les caisses, mais la crise met à mal ce projet essentiel pour la continuité de la société.

Ces trois exemples mettent en exergue les difficultés traversées par les entreprises évoluant dans le secteur des énergies renouvelables, touché par des problèmes d’origine financière : les clients ont du mal à trouver des financements, les firmes éprouvent des difficultés à lever des fonds pour accompagner leurs projets. Selon les instituts Deloitte & Touch et Cleantech Group, le montant des investissements écologiques dans le monde a reculé de moitié en 2008.

La compensation carbone, reléguée au second plan

La sortie de crise pourrait notamment venir des gouvernements : l’observatoire européen des marchés de l’énergie de Capgemini estime à 1.000 milliards d’euros la somme nécessaire au renouvellement et à la modernisation des infrastructures énergétiques européennes. 400 milliards de dollars ont été comptabilisés en faveur de l’économie verte sur les différents plans de relance. L’efficacité énergétique, la recherche et développement, les déchets et l’eau sont les premiers postes concernés dans le cadre de cette stimulation par l’écologie.

Mais le développement durable passe également par les certificats volontaires de compensation carbone, dont la vente a chuté de 70 % sur les mois de janvier et de février en Grande-Bretagne. Le recul des ventes de ces certificats affecte la mise en œuvre de projets écologiques dans les pays en développement, un nouveau coup porté à la filière et au développement d’initiatives environnementales. Des organisations réalisent des actions de lutte contre les gaz à effet de serre (plantation d’arbres…) afin de permettre, moyennant finances, à des entreprises de compenser leurs émissions. Faute de pouvoir adopter des comportements entièrement respectueux de l’environnement, ces certificats constituent une forme de compensation simple.

Le tableau n’est toutefois pas complètement noir sur le front du green business : on estime à 20 millions le nombre de personnes qui travailleront dans les énergies renouvelables d’ici à 2030. « La crise climatique affecte notre prospérité potentielle et la vie des gens, maintenant ou dans un avenir lointain », a expliqué Ban Ki-Moon, le secrétaire général des Nations-Unies.

Publié dansEconomieEntreprises