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Crowdfunding : le financement participatif prend son essor

Les plateformes de crowdfunding se développent sur deux axes majeurs, la culture et le prêt entre particuliers.

Au niveau mondial, 2,7 milliards de dollars ont été investis en 2012 au moyen du financement participatif (crowdfunding), estime la société américaine Massolution. Ce chiffre devrait grimper cette année à 5 milliards de dollars. L’étude, menée sur 308 plateformes, révèle que les financements par dons sont majoritaires, suivis des prêts et des investissements en actions, dont les contraintes règlementaires freinent le développement.

Ce mode de financement, popularisé en France par My Major Company, qui a notamment produit avec succès le chanteur Grégoire, se développe tous azimuts, sur les projets culturels (musique, cinéma, jeux vidéo…) mais également pour concourir à la croissance d’entreprises. Il permet de « confronter ses opinions, mettre à l’épreuve ses idées pour tester l’attrait qu’elles suscitent », indique à BFM Business le directeur projets et communications d’Ulule, Mathieu Maire du Poset, dont la plateforme a déjà permis de financer plus de 1.900 réalisations.

Selon l’association Financement participatif France, 40 millions d’euros ont été investis dans 60.000 projets au cours de l’année 2012, les plateformes de crowdfunding solidaire United Donations (caritatif) et Prêt d’union (crédit entre particulier) s’arrogeant la majorité des sommes, derrière My Major Company

Les levées de fonds pour les entreprises sont plus complexes à réaliser que les projets entre particuliers, 149 investisseurs au maximum pouvant avoir accès à l’information indispensable, selon les critères de l’Autorité des marchés financiers. La requête devient, au-delà de ce seuil, publique : de nouvelles contraintes apparaissent.

Des investissements risqués

Différentes plateformes de crédit entre particuliers ont été rappelées à l’ordre, le capital des internautes n’étant pas initialement garanti. Après avoir mis ses activités en sommeil durant neuf mois, FriendsClear les a ainsi relancées par le biais d’une autorisation délivrée par l’Autorité de Contrôle Prudentiel de la Banque de France. Le Crédit Agricole Mutuel Pyrénées Gascogne assure les opérations, tandis que FriendsClear est enregistré comme intermédiaire en opérations de banque.

Les internautes semblent moins réticents à financer des projets culturels, pour lesquels la règlementation est moins contraignante, et l’importance du retour sur investissement moins prégnante. Le site américain Kickstarter, crée en 2009, est devenu un incontournable du genre avec plus de 39.000 projets financés avec succès (sur un total de 93.000). En mars, un projet de film tiré de la série Veronica Mars a notamment réuni 2,5 millions de dollars de promesses de dons en vingt-quatre heures.

Le risque que les projets financés n’aboutissent pas est réel, rappellent néanmoins les promoteurs du site, qui incite les porteurs à concrétiser leurs idées ou, le cas échéant, de trouver une solution de remboursement ou de dédommagement. Dans un article dédié au crowdfunding, Ethan R. Molick, professeur à l’Université de Pennsylvanie, explique que « la grande majorité des porteurs de projets font de sérieux efforts pour s’acquitter de leurs engagements pris envers les bailleurs de fonds, mais plus de 75% livrent leurs produits plus tard que prévu ».

Les monuments nationaux également concernés

My Major Company a conclu fin 2012 un accord avec le Centre des monuments nationaux. La rénovation du Panthéon, le domaine national de Saint-Cloud, la cité de Carcassonne et l’abbaye du Mont-Saint-Michel sont concernés. 100.000 euros de promesses de dons ont été accumulés en quatre mois.

Publié dansInvestissementMarchés et finance