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Crise : les Européens restreignent leur consommation

Confrontés à des fins de mois difficiles, les Européens n’hésitent pas à modifier leurs habitudes alimentaires.

46 % des habitants de six pays européens (France, Allemagne, Espagne, Grande-Bretagne, Italie, Pologne) interrogés par Ipsos et CGI pour Publicis* déclarent que leurs revenus leurs permettent juste de boucler leur budget. En France, ce taux atteint 36 % : les Français semblent financièrement moins affectés par la crise, selon leurs déclarations, que l’ensemble de leurs homologues sondés.

Les arbitrages les plus fréquemment effectués par les Européens (sur le panel de pays) résident dans la réduction du coût de leur forfait de téléphonie mobile ou dans le report de l’achat d’un ordinateur ou d’un téléphone neuf, sur les vacances (58 % ont renoncé à partir au moins une fois dans l’année), et dans les courses alimentaires, avec de nouvelles façons de cuisiner ou de s’approvisionner.

Ce dernier poste arrive, en France, en seconde position avant les vacances. De plus, l’opérateur Free mobile a grappillé, en l’espace d’un an, 8 % de parts de marché. Les Français optent pour une attitude de repli, pour Ipsos, selon qui « leur pessimisme a des conséquences sur la quasi-totalité des domaines de la consommation sur lesquels une majorité prévoit de se serrer encore plus la ceinture qu’aujourd’hui ». Toutefois, ils se montrent plus vigilants quant à l’origine des produits qu’ils consomment et souhaitent moins dépenser sans pour autant avoir moins de biens.

La crise économique semble donc influer sur les comportements des Européens. 45 % d’entre eux (43 % des Français) approuvent l’expression selon laquelle la crise les incite à beaucoup moins gaspiller : les habitudes de consommation évoluent, avec une attention particulière portée à la notion de durabilité. Le scandale du horsegate demeure par ailleurs dans les esprits, avec une vigilance accrue quant à la provenance des produits.

Les assureurs tirent modérément leur épingle du jeu de cet environnement chahuté. Seuls 39 % des Européens (46 % des Français) sont d’accord avec le fait que la crise les oblige à mieux s’assurer et à être mieux protégé contre les risques d’accidents de la vie. En France, le constructeur automobile Hyundai vient de lancer une assurance « perte d’emploi ». « Cette offre répond à une des préoccupations majeures des consommateurs », explique la marque, qui souhaite répondre aux crispations dont sont victimes les acteurs de son secteur.

L’impact de la crise ne s’effectue pas que dans le temps présent : 40 % des Européens et 47 % des Français ont ainsi peur de ne pas vieillir dans des conditions dignes. Ces chiffres confirment les craintes relatives au niveau des retraites futures, déjà exprimées lors de précédents sondages.

*Sondage réalisé par Ipsos et CGI du 14 mars au 7 avril 2013, auprès d’échantillons interrogés par Internet et selon la méthode des quotas.

A propos de l'auteur
Journaliste à L'Usine Nouvelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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