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Comment peut-on définir la notion d’immobilier durable?

L’immobilier durable répond à des problématiques environnementales, sociales et économiques, rappelle le cabinet de conseil en immobilier d’entreprise Colliers International.

« La notion d’immobilier durable est complexe », explique Jennifer Théveniot, responsable développement durable de la filiale française de Colliers International. A l’occasion de la rénovation, à La Défense (Hauts-de-Seine), du siège de l’assureur Allianz selon les dernières tendances environnementales et ergonomiques, elle décrypte, pour Business & Marchés, ce concept en vogue.

« L’immobilier durable intègre en premier lieu des problématiques environnementales. L’immobilier est le secteur le plus énergivore avec 40% de la consommation énergétique et le deuxième secteur le plus polluant avec 25% des émissions de gaz à effet de serre, devant les transports. Concentrer nos efforts sur ce secteur a donc du sens pour diminuer globalement les émissions de gaz à effet de serre), ainsi que les consommations d’énergies fossiles.

Des problématiques sociales sont aussi présentes. D’après l’enquête réalisée par Colliers « L’immobilier peut-il contribuer à la performance de l’entreprise ? », l’immobilier est  progressivement perçu par les entreprises comme un levier de performance. De plus, l’arrivée de la jeune génération sur le marché du travail pose aussi des problématiques sociales aux entreprises. Pour ces jeunes générations (Y ou Z), le travail doit être avant tout un levier d’accomplissement personnel, faisant de la frontière entre vie privée et vie professionnelle un concept de plus en plus flou. L’entreprise doit donc faire du développement humain sa priorité pour attirer et retenir les talents.

L’immobilier durable présente, enfin, des problématiques économiques : l’immobilier est le second poste de dépense pour une entreprise, après les salaires. Ainsi, des questions émergent de ce constat : comment une entreprise peut-elle diminuer ses charges ? Comment optimiser ses mètres carrés, tout en garantissant un confort et une attractivité pour ses collaborateurs ? A l’heure où la demande est plus faible que l’offre, comment valoriser son patrimoine immobilier ?

Intégrer le développement durable à un projet immobilier pour qu’il soit justement lui aussi durable,  ne  doit donc pas se limiter à obtenir une certification environnementale. C’est un paradigme complet, qui bouleverse non-seulement la manière d’appréhender la conception et la réalisation des ouvrages tertiaires, mais aussi les modes de travail, la façon d’aménager les espaces, le modèle managérial de l’entreprise, etc. »

Comment l’essor du télétravail et des tiers-lieux modifie-t-il les besoins en mètres carrés?

« La réponse ne sera pas forcément là même d’une entreprise à l’autre. L’une pourra opter pour le télétravail et le recours aux tiers-lieux et choisira de réduire ainsi ses besoins en mètres carrés (moins de postes de travail), l’autre pourra préférer utiliser ces mètres carrés « gagnés » pour offrir d’autres types d’espaces à ses collaborateurs (espace de convivialité, de réunion ou pour s’isoler, etc.) Aujourd’hui, l’usage des tiers lieux et le-télétravail n’ont donc pas nécessairement un impact en tant que tel sur le nombre de mètres carrés. C’est davantage la dynamique que cet usage entraîne qui a un impact, car elle s’inscrit dans une réflexion des entreprises sur la façon d’utiliser leurs mètres carrés et ainsi leurs espaces en fonction de l’activité souhaitée », explique Jennifer Théveniot.

Publié dansEnvironnement-SantéSociété